Modifié le 06 mars 2017 à 13:53

Les finances bernoises souffrent de la pénurie de requérants d'asile

Un demandeur d'asile dans un centre de la ville de Berne, en été 2016.
Les finances bernoises souffrent de la pénurie de requérants d'asile Le 12h30 / 2 min. / le 06 mars 2017
La baisse du nombre de requérants d'asile a des conséquences financières pour le canton de Berne. Les "lits froids" des centres d'hébergement lui coûtent près de 700'000 francs par mois, révèle lundi la Berner Zeitung.

Moins de requérants signifie moins d'argent pour le canton: la prise en charge des demandeurs d'asile est affaire de la Confédération, qui verse un montant de 48,66 francs par jour et par requérant aux cantons. Celui de Berne en garde une partie pour les frais d'assurance maladie et pour la location des centres. Et il en reverse une bonne partie aux exploitants des foyers d'hébergement, à l'Armée du salut ou à la société ORS.

Frais d'exploitation inchangés

Un centre à moitié vide reçoit donc moitié moins d'argent, alors que les frais d'exploitation restent à peu près les mêmes. C'est la raison pour laquelle le Grand Conseil bernois avait accepté, il y a deux ans, de compenser ce manque à gagner jusqu'à hauteur de 1,1 million de francs par an.

En 2015, le canton avait versé un peu plus de la moitié de ce montant pour lits froids. Il ne devrait rien verser pour 2016 mais la facture s'annonce salée pour cette année, compte tenu de la baisse du nombre de requérants. Le canton a certes annoncé la fermeture de plusieurs centres en souterrain, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. Actuellement, les lits vides lui coûtent plus de 23'000 francs par jour.

Situation différente en Suisse romande

En Suisse romande, les centres d'accueil sont en général exploités directement par les services chargés des migrations et non par des privés comme c'est presque toujours le cas en Suisse alémanique.

A Neuchâtel, le service indique que le taux de remplissage des centres, qui n'a pas beaucoup baissé, est aujourd'hui d'environ 75%. A Genève, l'Hospice général signale qu'il est loin d'avoir des lits froids: 230 requérants vivent toujours en abri PC.

Dans le canton de Vaud, neuf des 16 abris PC ont été fermés à la suite de la baisse des arrivées de requérants, qui est bien réelle. L'administration cantonale précise qu'un abri PC pour requérants qui peut fermer est un soulagement pour les finances de l'Etat.

Alain Arnaud/oang

Publié le 06 mars 2017 à 13:01 - Modifié le 06 mars 2017 à 13:53