Modifié le 11 janvier 2013

Le forcené de Bienne accuse l'Etat et la police d'oppression

Le forcené a été arrêté sans résistance après neufs jours de cavale.
Le forcené a été arrêté sans résistance après neufs jours de cavale. Il comparaît à Bienne. [Karin Widmer - ]
Alors que le procureur a demandé que Peter Hans Kneubühl soit déclaré "irresponsable", celui-ci a accusé, dans sa plaidoirie, l'Etat et la police d'oppression. Le verdict est attendu vendredi prochain.

Le procès du "forcené" de Bienne s'est achevé avec la plaidoirie du retraité qui a dénoncé vendredi l'action de l'Etat et de la police. De son côté, le procureur a demandé que le sexagénaire soit déclaré irresponsable. Le verdict sera rendu vendredi prochain.

L'homme qui avait défié en septembre 2010 à Bienne durant dix jours la police se définit comme un prisonnier politique. Combatif, il a estimé avoir toute sa raison, rejetant l'expertise psychiatrique qui établit chez lui des troubles délirants graves.

Oppression dénoncée

Assumant lui-même sa défense même s'il bénéficie d'un avocat commis d'office, Peter Hans Kneubühl s'est lancé vendredi dans une longue digression politique sur l'oppression du peuple par l'Etat et la police, citant au passage "1984", célèbre roman de George Orwell évoquant le régime totalitaire.  Lire : Le forcené de Bienne s'est dit "victime d'un Etat policier" à son procès

Le retraité se présente comme un homme qui mène un combat solitaire contre ceux qui l'oppriment et veulent le faire taire. "Je ne suis pas quelqu'un qui s'allonge et se met à pleurer devant la police", a-t-il souligné. Le sexagénaire semble souvent enfermé dans sa vision de la réalité mais reste cohérent dans son argumentation.

Durant le procès, il n'a pas répondu aux questions portant sur sa fuite ou sur les coups de feu tirés en direction des policiers. Il a inlassablement répété qu'il s'était défendu face à une agression sans jamais exprimer un regret pour avoir grièvement blessé un policier. Il a jugé disproportionnés les moyens déployés pour l'appréhender, évoquant selon lui une guerre.

Jugé "irresponsable"

Pour le procureur Andreas Jenzer, celui que l'on a désigné sous le nom de forcené doit être déclaré irresponsable de ses actes. Il a sans surprise suivi les conclusions de la psychiatre et préconisé un traitement thérapeutique stationnaire dans un établissement fermé en raison du risque de récidive et de la dangerosité. Lire:  Le forcené de Bienne souffre de troubles délirants, selon les experts

Le représentant du Ministère public a rappelé que cet homme s'était rendu coupable de tentatives de meurtre et de lésions corporelles graves pour avoir tiré à plusieurs reprises sur des policiers. Le sexagénaire ne conteste pas avoir ouvert le feu mais répète qu'il ne dira rien à ce sujet.

Second procès demandé

Pour son avocat commis d'office, le retraité doit au contraire être reconnu responsable de ses actes. Philipp Kunz appelle le Tribunal Jura bernois-Seeland à renvoyer le cas au Ministère public pour qu'il instruise un second procès où le "forcené" serait désormais jugé pour les délits qui lui sont reprochés et pas sur son état mental et savoir s'il est responsable ou non de ses actes.

L'avocat a tenté de démontrer que son client a agi pour des motifs politiques et pas dans un état de troubles psychiques. Philipp Kunz a relevé que Peter Hans Kneubühl avait agi de façon cohérente et avait anticipé l'arrivée de la police.

Verdict vendredi

C'est vendredi prochain que le presque septuagénaire saura si le tribunal prononcera contre lui un placement dans une institution psychiatrique fermée pour y suivre une traitement stationnaire.

ats/lan/jgal

Publié le 11 janvier 2013 - Modifié le 11 janvier 2013

Retour sur les faits

Le retraité, alors âgé de 67 ans, s'était retranché chez lui le 8 septembre 2010 pour s'opposer par la force à la vente aux enchères de sa maison.

La police avait bouclé une partie du quartier des Tilleuls et entrepris le siège de sa maison.

L'homme avait malgré tout réussi à échapper aux forces de l'ordre.

Il sera finalement arrêté sans violence après huit jours de cavale.