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Le SIAMS, un salon indispensable pour l'économie de l'Arc jurassien

L'invité de La Matinale (vidéo) - Pierre-Yves Kohler, directeur du salon de la microtechnique SIAMS [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Pierre-Yves Kohler, directeur du salon de la microtechnique SIAMS / L'invité-e de La Matinale / 11 min. / le 6 janvier 2022
Annulé en 2020 à cause du Covid-19, le salon de la microtechnique SIAMS fera son grand retour en avril à Moutier. Cet événement est indispensable pour l'économie de l'Arc jurassien, souligne son directeur Pierre-Yves Kohler.

Quelque 450 exposants sont attendus au SIAMS, le Salon des moyens de productions microtechniques, qui se tiendra du 5 au 8 avril. Cet événement qui se tient d'ordinaire tous les deux ans n'a donc plus eu lieu depuis quatre ans, puisque l'édition de 2020 avait été reportée, puis annulée.

Pour l'institution qui organise le SIAMS, c'était un gros coup, a relevé Pierre-Yves Kohler jeudi dans La Matinale, car cet événement, dont le budget s'élève à 3 millions de francs, est sa seule source de revenus. Elle a donc dû survivre pendant quatre ans sans aucun revenu, ce qui était assez difficile.

"Et pour nos exposants, c'était aussi un gros problème, car pour nombre d'entre eux, le SIAMS est le seul outil qu'ils utilisent pour promouvoir leurs produits. Donc là, maintenant, tout le monde attend avec impatience la possibilité de se réunir à nouveau pour échanger et présenter des produits microtechniques", a confié le directeur.

Exposants très fidèles

Cette édition 2022 est déjà quasiment complète depuis le mois de juin, car les exposants sont très fidèles, se réjouit Pierre-Yves Kohler. "Après l'annulation de 2020, près de 90% d'entre eux nous avaient déjà dit qu'ils resteraient pour 2022". Le SIAMS est le salon de l'ensemble de la chaîne de production microtechnique, rappelle-t-il. Il inclut donc aussi bien les pièces finies que les matières premières et les machines de production.

L'événement est donc essentiel pour l'Arc jurassien, assure Pierre-Yves Kohler, car cette région représente un écosystème particulier lié à la microtechnique. "Dans l'Arc jurassien, sept emplois sur dix sont liés au secteur secondaire, donc plus ou moins à la microtechnique. C'est plus de 4000 entreprises et près de 60'000 emplois, en majorité très qualifiés", précise le spécialiste.

Ce secteur est composé à 95% de petites entreprises de moins de dix employés. "Il s'agit vraiment d'un tissu spécial de milliers de petites entreprises très, très pointues qui font vivre cette région."

Montrer des innovations

Le salon représente aussi une opportunité de présenter des innovations, note le directeur. "Nous avons encore beaucoup de tout petits exposants qui n'exposent nulle part ailleurs, qui ne communiquent pas par ailleurs, et qui profitent vraiment du SIAMS, une fois tous les deux ans - quatre ans cette fois-ci - pour montrer tout le travail qu'ils ont accompli durant cette période". Cette année, il y aura donc de très nombreuses nouveautés à découvrir.

Trouver de la relève, parmi les jeunes, est problématique, explique encore Pierre-Yves Kohler: une étude a montré qu'il manque 17'000 personnes chaque année dans les métiers techniques.

"Il y a donc un potentiel, et ce sont des métiers très modernes, mais nous avons un problème d'image, parce que les jeunes et leurs parents, qui ne connaissent pas le domaine, le voient souvent comme un domaine un peu pour les mauvais élèves, avec des métiers sales, du passé, pas très intéressants. Et ce sont vraiment des clichés que nous devons faire évoluer, car les métiers techniques sont vraiment des métiers d'avenir", plaide le patron du SIAMS. Et d'ajouter que "les filles ont malheureusement de la peine à se projeter dans les métiers techniques, alors que ceux-ci sont totalement ouverts tant aux hommes qu'aux femmes".

Le "petit bidule à 3 balles"

Pour remédier à ce problème, le secteur a développé un programme de valorisation de ces métiers et de sensibilisation. Les entreprises, par exemple, organisent des visites pour les jeunes et la branche met aussi sur pied des activités dans les écoles.

"Globalement, les entreprises sont très sensibles à ce thème, car elles se plaignent beaucoup de ne pas trouver de relève dans ces métiers", développe Pierre-Yves Kohler. "Mais comme partout, il y a les bons et les mauvais élèves."

Pour ce qui est des impacts du Covid, la microtechnique, dont la production a recommencé assez rapidement, souffre plutôt d'effets indirects. Les entreprises connaissent par exemple des problèmes d'approvisionnement, comme l'illustre le directeur du SIAMS: "Un producteur me disait récemment avoir des machines prêtes à partir, 'mais malheureusement, il nous manque un petit bidule à 3 balles, et parce qu'il n'est pas là, nous devons retarder des livraisons de machines'".

Interview radio: Valérie Hauert

Adaptation web: Jean-Philippe Rutz

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