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Jean-Christophe Geiser: "Lors de la votation de Moutier, nous sommes condamnés à réussir"

Jean-Christophe Geiser, en charge du dossier jurassien à l’Office fédéral de la justice (vidéo) [RTS]
Jean-Christophe Geiser, en charge du dossier jurassien à l’Office fédéral de la justice (vidéo) / L'invité-e de La Matinale (en vidéo) / 10 min. / le 24 mars 2021
Jean-Christophe Geiser est conseiller juridique à l'Office fédéral de la justice (OFJ), chargé principalement de surveiller la très attendue votation sur l'appartenance cantonale de Moutier, le 28 mars. Invité mercredi dans La Matinale, il souligne qu'il s'agit "d'un vote compliqué et emblématique, qui doit mettre fin à la Question jurassienne".

Jean-Christophe Geiser est à la tête des observateurs fédéraux qui vérifieront que cette votation, "la plus surveillée et complexe jamais organisée en Suisse", se déroule dans des conditions idéales. Leur rôle est d'examiner toutes les cartes de légitimation lors du dépouillement, ainsi que de gérer l'envoi et la réception du matériel de vote. Ainsi, la commune de Moutier "n'est pas en contact direct avec le matériel de vote", résume Jean-Christophe Geiser.

"Par rapport à 2017 (année du dernier vote, qui fut invalidé par la préfète du Jura bernois, après une longue procédure. Une annulation confirmée par le Tribunal administratif bernois, n.d.l.r.), nous avons serré les boulons que nous pouvions serrer", assure le conseiller juridique à l'OFJ.

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De telles mesures sont nécessaires: "Notre rôle est de surveiller un dispositif consensuel qui a été élaboré par la Confédération avec les cantons de Berne et du Jura, ainsi qu'avec la commune de Moutier." Et d'ajouter: "Il s'agit d'un vote compliqué et emblématique, qui doit mettre fin à la Question jurassienne. C'est un vote qui se répète et, en ce sens, nous sommes condamnés à réussir."

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Eviter au maximum les recours

Deux aspects avaient justifié l'annulation du vote en 2017: la campagne et le registre électoral. "Sur la campagne, la Confédération n'a pas directement prise. Nous ne sommes pas là pour censurer, mais nous sommes intervenus pour calmer la controverse sur les emplois cantonaux, qui aurait pu dégénérer et être un prétexte pour des recours", explique Jean-Christophe Geiser. Jusqu'à présent, il estime que la campagne se passe "bien".

Le registre électoral, sur lequel la Confédération n'a pas prise, est un point "extrêmement délicat", explique Jean-Christophe Geiser. Ainsi, le contrôle du registre électoral effectué par le canton et les autorités communales se poursuivra jusqu'au jour de la votation.

Ce n’est pas parce que la Confédération s’engage, met des scellés et envoie des observateurs que les recours seront interdits ou qu’ils ne seront pas possibles

Jean Christophe Geiser, organiste titulaire de la Cathédrale de Lausanne et responsable du dossier jurassien au département fédéral de justice et police. [DR]
Jean-Christophe Geiser, conseiller juridique à l'Office fédéral de la justice

Jean-Christophe Geiser rappelle que des recours ne sont pas exclus: "Ce n'est pas parce que la Confédération s'engage, met des scellés et envoie des observateurs que les recours seront interdits ou qu'ils ne seront pas possibles."

La Confédération ne craint pas un sentiment de frustration à l'issue du vote. "Nous ne pouvons pas interdire à des personnes et à des mouvements de lutte de continuer le "combat". C'est un droit. Ce qui est certain, c'est que les autorités cantonales bernoises et jurassiennes, ainsi que les autorités communales, se sont engagées à considérer un vote valable à Moutier comme la fin de la Question jurassienne. Ceci n'est pas et ne sera pas remis en cause."

Propos recueillis par David Berger

Adaptation web: Valentin Jordil

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