Publié le 31 octobre 2019 à 07:08

Bienne veut autoriser ses élus municipaux à siéger au Grand Conseil

Le maire de Bienne Erich Fehr.
Bienne veut autoriser ses élus municipaux à siéger au Grand Conseil La Matinale 5h - 6h30 / 1 min. / le 31 octobre 2019
La Ville de Bienne a présenté mercredi son projet de règlement de la ville, qui prévoit la réintroduction du cumul des mandats. Les citoyens s'étaient pourtant massivement opposés aux doubles casquettes il y a moins de dix ans.

La proposition arrive peu après la décision neuchâteloise d’interdire aux membres des exécutifs communaux de siéger au parlement cantonal, et alors que d’autres régions y réfléchissent aussi.

A l’époque de l'interdiction décidée par les Biennois, les élus siégeaient à la fois à l'Hôtel de Ville et sous la Coupole fédérale. Aujourd’hui, la possibilité de double mandat serait limitée au seul Grand Conseil bernois et serait réservée à un maximum de trois municipaux sur cinq.

Assouvir des ambitions personnelles?

Mais pour le groupe Passerelle, à l’origine du vote 2010, on se moque ainsi de la volonté du peuple. Sa conseillère de ville Ruth Tennenbaum estime que cette clause réintroduite par la petite porte sert surtout à assouvir les ambitions personnelles des dirigeants.

"Je crois qu’il y a la volonté de se profiler politiquement au niveau cantonal et national", estime-t-elle jeudi dans La Matinale. "Mais on a des jobs à 100% et on aimerait que les municipaux s'investissent à 100% pour leur ville, pas qu'ils soient des semaines au parlement pour discuter de différentes choses mais pas des préoccupations de la ville."

Faire entendre la voix de Bienne

Le maire de Bienne Erich Fehr conteste ce point de vue et assure que ce n'est pas pour satisfaire l’égo hypertrophié de certains municipaux qu’on veut leur rouvrir les voies du parlement cantonal. "Plein de décisions qui touchent directement la ville se prennent au Grand Conseil, dans le domaine social, le domaine financier, le domaine du droit des constructions, dans celui de la formation", souligne-t-il. "Il y a vraiment intérêt à ce que la voix de l'exécutif de Bienne soit entendue au Rathaus à Berne."

Reste que le projet de nouveau règlement devra d’abord convaincre le Conseil de ville, puis recevoir l’aval du peuple. Ce dernier pourrait juger que moins de dix ans après le dernier scrutin, c’est un peu court pour le faire changer d’avis.

Alain Arnaud/oang

Publié le 31 octobre 2019 à 07:08