Modifié le 04 juin 2019 à 11:13

"Le premier enjeu pour le Jura bernois, c'est celui de l'image"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Patrick Linder, directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois
L'invité de La Matinale (vidéo) - Patrick Linder, directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois L'invité-e de La Matinale / 9 min. / le 04 juin 2019
Le Jura bernois veut mettre en avant son dynamisme économique et industriel et se départir des clichés. "Le premier enjeu, c'est celui de l'image et de sa bonne compréhension", assure le directeur de la Chambre d'économie publique, Patrick Linder.

Ils sont taiseux, modestes, ils ont impression qu'on les oublie..., voilà plusieurs qualificatifs parfois utilisés pour décrire les habitants de la partie francophone du canton de Berne. Mais pour le directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois, Patrick Linder, il s'agit de "l'image d'Epinal à laquelle on vous confronte lorsque l'on parle de cette région". Une image qui, selon lui, "se heurte à la réalité du dynamisme économique et industriel".

Invité mardi de La Matinale, Patrick Linder vante "un des coins les plus denses du point de vue technologique en Suisse" où l'on trouve "un emploi sur deux dans le secteur secondaire". Une région qui offre également "des capacité de production dans le champ de la microtechnique (...), finalement la base technologique et productive d'une bonne part de l'horlogerie suisse".

Des "poids lourds" de l'industrie

Il insiste aussi sur les "poids lourds, les entreprises qui sont leaders mondiales dans leur registre". Et de donner un exemple: "si vous prenez le vallon de St-Imier, sur une quinzaine de kilomètres vous trouvez des acteurs comme les montres Longines, l'horlogerie avec Nivarox, les chocolats Camille Bloch qui ont ouvert un nouveau centre de visiteurs, la mécatronique avec Sonceboz..."

Pourtant, lorsque l'on parle de l'industrie dans le Jura bernois, on évoque le plus souvent les difficultés de Swissmetal, ancienne "Boillat". Or, pour Patrick Linder, "cette entreprise (...), la fonderie, l'industrie lourde, ne sont pas caractéristiques de la dynamique industrielle en cours actuellement dans cette région".

Et puis, un problème subsiste: celui du manque de main d'oeuvre, "l'enjeu crucial aujourd'hui, dans une période d'un point de vue conjoncturel favorable", estime Patrick Linder. Mais la situation "n'a rien de particulier par rapport à la place industrielle et économique suisse, qui connaît une vraie carence dans les professions du secteur secondaire", précise-t-il.

Propos recueillis par Vincent Bourquin/jvia

Publié le 04 juin 2019 à 10:05 - Modifié le 04 juin 2019 à 11:13

"D'autres préoccupations" que la question jurassienne

La question jurassienne pèse-t-elle sur l'image de l'industrie du Jura bernois? "Sur le plan du scrutin, le vote est réglé depuis 2013, ce n'est pas une question qui existe. On a montré que l'économie s'accommode finalement mal des frontières institutionnelles et qu'elle a aujourd'hui d'autres préoccupations", répond Patrick Linder.

Reste la question de l'appartenance de Moutier, dans l'attente d'une décision du Tribunal fédéral au sujet des recours. Pour Patrick Linder, cela peut être un frein "au plan de l'intérêt porté, de la place médiatique que cela occupe". "Mais nous avons beaucoup de solidarité pour une situation crispée, qui engendre de petits drames. Il faut plaider ici pour une résolution rapide, dans le respect de ce que les citoyens ont exprimé dans les urnes. C'est la meilleure solution pour que cette région puisse regarder vers d'autres défis", juge-t-il.