Modifié le 29 mars 2019 à 09:56

La question sensible des méthodes pour infiltrer des réseaux pédophiles

Les pédophiles incitent les internautes à se montrer dans des positions gênantes, puis les menacent de tout révéler à leurs proches.
Les méthodes de police pour infiltrer des réseaux pédophiles, une question sensible La Matinale / 1 min. / le 29 mars 2019
La police cantonale bernoise veut pouvoir utiliser du matériel pédopornographique fictif pour infiltrer des réseaux pédophiles. La demande est controversée, et la question de savoir comment procèdent les différentes autorités est très complexe.

Aucune des polices romandes contactées n'a souhaité se prononcer sur la proposition. Pour elles, cette demande de la police bernoise est sensible et pose beaucoup de questions juridiques.

Il faut savoir que l'utilisation de fausses vidéos générées par ordinateur, donc fictives, est interdite par la loi, comme l'expliquait mardi un article du Bund. La proposition bernoise suscite donc la controverse.

Pour gagner la confiance des pédocriminels sur des réseaux ou des forums fermés, il faut pourtant présenter du nouveau matériel pédopornographique. C’est pourquoi le chef de la police judiciaire bernoise, Thomas Sollberger, demande une modification du Code pénal.

"Chaque jour de nouveaux phénomènes"

Pour la Fondation suisse pour la protection de l'enfance, cette proposition va à l'encontre du principe même de lutter contre la distribution du contenu pédopornographique.

Mais les dernières statistiques le montrent: les infractions liées à internet explosent et les polices doivent s'adapter. "Chaque jour de nouveaux phénomènes sont observés et pour le moment, les cybercriminels ont une longueur d’avance", souligne Georges-André Lozouet, chargé de communication à la police neuchâteloise.

Aleksandra Planinic/jvia

Publié le 29 mars 2019 à 09:43 - Modifié le 29 mars 2019 à 09:56