Publié le 27 octobre 2018 à 09:44

Barrières controversées aux postes-frontières secondaires tessinois

Des barrières sont installées actuellement à plusieurs postes-frontières secondaires au Tessin.
Barrières controversées aux postes-frontières tessinois secondaires La Matinale / 2 min. / le 25 octobre 2018
Des barrières sont en voie d’installation à plusieurs postes-frontières secondaires entre le Tessin et l'Italie. Fruits d'un compromis entre le canton et la Confédération, elles ne font pas l'unanimité.

La pose de barrières à six de ces passages qui ne sont plus surveillés en permanence intervient après une période d’essai de six mois de fermeture nocturne, entre 23 heures et 5 heures du matin, qui avait été mise en place pour lutter contre les braquages.

Pour le Conseil fédéral, l’expérience menée en 2017 n’avait pas permis de conclure à une baisse de la criminalité. Il a cependant accepté que, selon les circonstances, ces petites frontières puissent être temporairement bouclées.

Mais au sud des Alpes, certains ont le sentiment que Berne ménage davantage les susceptibilités italiennes que les intérêts du Tessin. C'est le cas de la conseillère nationale de la Lega et vice-syndique de Chiasso Roberta Pantani, qui avait demandé une fermeture nocturne durable.

"Berne a peur des mesures de rétorsion de l'Italie"

"Les problèmes majeurs ont surtout été posés par l’Italie qui disait que la fermeture était contraire à l’accord de Schengen", souligne-t-elle. "Mais pour nous, il s’agissait seulement de rétablir une certaine habitude de fermeture la nuit. C’est la première chose. Et la seconde, c’est que peut-être que le Conseil fédéral ne connaît pas très bien la situation du Tessin, où il a peur des mesures de rétorsion de l’Italie."

Mais de simples barrières, comme à l’entrée des parkings, suffiront-elles à repousser des malfaiteurs? Pour Ornello Rusconi, patron d’une station d'essence à deux pas de la douane de San Pietro où sera installée une barrière, c’est toujours bon à prendre. Il a subi une quinzaine de braquages ces dernières années et l’entrée de son magasin est désormais verrouillée, sécurisée par des barreaux et une caméra de surveillance. Il est impossible d’entrer sans contrôle facial préalable.

"Une mesure supplémentaire bienvenue"

Pour lui, la décision constitue une bonne nouvelle: "En cas de besoin, le passage est bloqué et les autos ne peuvent plus passer", relève-t-il. "Si quelqu'un veut sortir, il doit s’arrêter ou trouver une alternative. Ou casser la barrière, mais l’infraction est grave. Si la route est barrée, il faut trouver une autre voie. C'est une mesure supplémentaire bienvenue", dit le commerçant.

D’autres habitants de la région se montrent plutôt sceptiques. "Celui qui a envie d’entrer pour commettre un méfait ne va pas s’arrêter devant une barrière", juge un père de famille dont l’entourage a déjà subi des cambriolages à répétition. "Dans les faits divers, on lit que ce sont même des bandes professionnelles qui viennent; ce n’est certainement pas une barrière qui va les arrêter. La frontière est vraiment ouverte; il n’y a pas qu'un seul passage, la zone de frontière est partout."

L'objectif est de fermer rapidement ces frontières

Reste à savoir quand la décision d'abaisser ces barrières - qui sont en cours d'installation - sera prise. Interpellée, la direction des gardes-frontière à Berne a répondu par un "no comment" à la RTS.

Le département tessinois du Territoire, chargé de leur pose, fait savoir de son côté qu'un groupe de travail réunissant police et gardes-frontière planche actuellement sur les critères qui permettront "de boucler rapidement" ces frontières secondaires.

Nicole della Pietra/oang

Publié le 27 octobre 2018 à 09:44