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La prédiction des crimes via logiciel ne séduit pas en Suisse romande

Lutte contre la criminalité: programme pour prévoir les délits [RTS]
Lutte contre la criminalité: programme pour prévoir les délits / 19h30 / 3 min. / le 10 janvier 2018
Depuis plusieurs années, la police de la ville de Zurich utilise un logiciel informatique capable selon elle de prédire les cambriolages. Côté romand, l'intelligence artificielle n'a pas encore séduit les forces de l'ordre.

La scène rappelle le film "Minority Report" avec Tom Cruise: des forces de l'ordre consultant une "météo du crime" sur leur écran d'ordinateur. Depuis quatre ans, cette technologie n'est plus de la science-fiction à Zurich. La police municipale y utilise le système Precobs - pour Pre Crime Observation System - qui fournit des prévisions concernant les cambriolages.

Grâce aux données collectées les années précédentes, le système étudie les différents périmètres de la ville, zone par zone, explique dans le 19h30 de la RTS Marco Cortesi, chef de l'information de la police zurichoise. "Puis Precobs en déduit où auront lieu les nouveaux cambriolages dans les sept prochains jours" via des algorithmes, précise le porte-parole.

Avec ce logiciel, la police zurichoise affirme avoir fait chuter le nombre de cambriolages de 30% à 40% depuis 2014. L'ordinateur ferait une prévision correcte dans quatre cas sur cinq.

En Suisse romande, on mise sur l'humain

Du côté des experts en sciences criminelles, l'efficacité des logiciels de prédiction fait toujours débat. "Certaines évaluations disent que cela fonctionne, d'autres que non, on n'est pas loin du hasard", analyse Olivier Ribaux, criminologue à l'Université de Lausanne. Autre aspect controversé: jusqu'à quel point peut-on déléguer aux machines des questions relevant de la loi?

En Suisse romande, les polices romandes n'utilisent pas de tels systèmes et continuent de miser sur l'intelligence humaine. A l'instar de Neuchâtel, où la police s'appuie sur des outils informatiques, mais l'expertise du policier reste au centre des enquêtes.

"Parfois, nous retrouvons des criminels après plusieurs années. C'est souvent une détection faite facilement par le policier grâce à sa sensibilité", raconte Samuel Rodrigues, analyste criminel au sein de la police cantonale. "L'outil informatique n'arrive pas encore à remplacer ce côté humain."

A terme, les polices romandes n'excluent cependant pas de s'équiper de tels programmes. Mais ceux-ci restent mieux adaptés aux grandes agglomérations.

Julien Guillaume/tmun

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