Modifié le 28 septembre 2017

Une députée socialiste tessinoise condamnée pour avoir aidé des migrants

Lisa Bosia Mirra (au centre) et son avocat Pascal Delprete à l'arrivée au tribunal de police de Bellinzone.
Lisa Bosia Mirra (au centre) et son avocat Pascal Delprete à l'arrivée au tribunal de police de Bellinzone. [Samuel Golay - Keystone]
La députée socialiste au Parlement tessinois Lisa Bosia Mirra a été reconnue coupable jeudi à Bellinzone d'incitation répétée à l'entrée illégale. Elle avait fait passer la frontière à 24 immigrés clandestins en août 2016.

Le tribunal de police de Bellinzone a ainsi confirmé le mandat de répression auquel l'accusée s'était opposée. Celui-ci prévoyait une peine pécuniaire de 80 jours-amende avec sursis pendant deux ans.

Le juge Siro Quadri a longuement motivé sa décision. Il a reconnu la bonté des intentions humanitaires de Lisa Bosia Mirra, qui avait intensément oeuvré en faveur des clandestins érythréens et syriens bloqués en gare de Côme durant l'été 2016. Il a cependant souligné que la loi sur les étrangers a été violée par l'accusée.

"Les faits ont été admis par l'inculpée qui a agi pendant deux semaines avec l'aide de complices et a organisé un réseau d'aide au séjour et à l'entrée illégale de ces 24 clandestins. Ceux-ci, dont nous reconnaissons la tragique situation, ne se trouvaient pas dans un pays à risque, mais en Italie, et auraient pu être aidés sur place", a encore relevé le juge.

Recours envisagé

Il a ajouté que Lisa Bosia Mirra étant membre du Parlement tessinois avait pleine conscience d'enfreindre la loi, "même pour la bonne cause". Et d'ajouter que des circonstances atténuantes ont été reconnues à la prévenue par la procureure dans son mandat de répression, la peine prévue pour l'entrée d'un seul clandestin étant déjà de 20 à 30 jours-amende.

Au terme du procès, Bosia Mirra a assuré à l'ats qu'elle entendait recourir contre sa condamnation. Elle a également souligné qu'elle ne démissionnerait pas de ses fonctions institutionnelles tant que le jugement ne deviendrait pas effectif.

ats/jgal

Publié le 28 septembre 2017 - Modifié le 28 septembre 2017

Amesty inquiète

"Ni trafiquante, ni délinquante, Lisa Bosia Mirra est avant tout une défenseuse des droits humains", a réagi Denise Graf, experte asile pour Amnesty International Suisse dans un communiqué jeudi.

L'organisation s'inquiète que "ce jugement ouvre la voie à la condamnation de multiples personnes dont la seule motivation est de porter assistance aux personnes migrantes et réfugiées sans autre contrepartie que de voir les droits humains respectés".