Modifié le 29 mai 2017

Devant la justice pour un "J'aime" sur Facebook, une première en Suisse

Un homme se retrouve devant la justice pour avoir donné un "pouce levé" des contenus diffamatoires sur Facebook.
Un homme se retrouve devant la justice pour avoir donné un "pouce levé" des contenus diffamatoires sur Facebook. [Keystone]
Un quadragénaire avait cliqué sur "J'aime" sur une publication Facebook taxant le défenseur des animaux Erwin Kessler d'antisémite et de raciste. Il se retrouve devant le tribunal du district de Zurich.

L'accusé, un homme de 45 ans, a apposé un "pouce levé" sur huit publications Facebook évoquant des positions "racistes" et "antisémites" du président de l'Association contre les "usines d'animaux", et en a commenté une, entre juillet 2015 et mars 2016, relate le Tages-Anzeiger.

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Erwin Kessler et son association ont porté plainte pour diffamation et obtenu gain de cause. Les avocats ont opposé liberté d'expression et atteinte à l'honneur, mais le procureur zurichois, qui a exigé une double amende, a estimé que le fait de "liker" ce contenu l'a rendu visible à de nombreuses personnes. Une première en Suisse.

Acquittement demandé

L'accusé devra répondre de son soutien devant le Tribunal de district de Zurich. Le procès devait avoir lieu lundi, mais a été reporté.

La défense de l'accusé demandera un acquittement. Elle fait notamment valoir qu'Erwin Kessler a été reconnu coupable de discrimination raciale.

Au moins huit autres personnes qui ont "aimé" ces contenus seraient aussi visées.

jvia

Publié le 04 avril 2017 - Modifié le 29 mai 2017

Un précédent concernant un message Twitter

Ce cas, qui pose la question de la responsabilité des "suiveurs" sur les réseaux sociaux, fait écho à un jugement survenu en janvier 2016: le tribunal de Zurich avait acquitté un journaliste qui avait partagé sur Twitter un message à caractère diffamatoire dont il n'était pas l'auteur (action de "retweeter").

Le juge avait estimé que seul l'auteur original du message était punissable, et pas celui qui le redistribue. Mais ce "privilège" ne s'applique pas lorsqu'il s'agit de discrimination raciale.

Par ailleurs, ce jugement a été annulé. Motif: la personne concernée par le tweet diffamatoire a retiré sa plainte.