Modifié le 14 août 2014

La Thurgovie ne veut plus enseigner le français à l'école primaire

L'enseignement du français quittera les tableaux noirs des écoles primaires thurgoviennes.
L'enseignement du français quittera les tableaux noirs des écoles primaires thurgoviennes. [Georgios Kefalas - ]
Le Parlement cantonal thurgovien a approuvé mercredi une motion visant à supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. Il ne serait enseigné plus qu'en secondaire.

Relégué déjà au second plan après l'anglais, l'enseignement du français quitterait l'école primaire en Thurgovie. Le Parlement cantonal a approuvé mercredi une motion en ce sens par 71 voix contre 49. La langue de Molière ne serait plus qu'enseignée à l'école secondaire.

La majorité du Grand Conseil thurgovien a suivi les dépositaires de la motion. Selon eux, les élèves sont surchargés par l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire. Un point de vue aussi défendu par le corps enseignant.

"Affront pour la Suisse romande"

La conseillère d'Etat Monika Knill (UDC) a appelé le Parlement à rejeter la motion. En abandonnant la logique des deux langues enseignées, "le canton de Thurgovie s'isole", a-t-elle ajouté. Elle parle "d'affront pour la Suisse romande".

Seul le PS a dit "non" en bloc. Il estime que la motion "fait fi de la volonté populaire". Les citoyens thurgoviens avaient rejeté en 2006 une initiative de l'UDC exigeant une seule langue étrangère à l'école primaire.

ats/gdie

Publié le 13 août 2014 - Modifié le 14 août 2014

Les cantons alémaniques boudent le français

A Nidwald, l'UDC a déposé en avril une initiative réclamant la suppression de l'une des deux langues étrangères à l'école primaire.

Dans les Grisons, une initiative populaire allant dans le même sens a abouti en novembre dernier.

Dans le canton de Lucerne, la récolte de signatures est en cours pour un texte similaire et le Parlement schaffhousois souhaite une adaptation du concordat intercantonal HarmoS.

Le PS veut une loi pour protéger le français

Au niveau national, le PS qualifie la décision thurgovienne d'"inacceptable" car elle viole l'harmonisation de l'instruction publique, rendue obligatoire par la constitution fédérale.

Le parti entend proposer une modification de la loi sur les langues lors de la session d'automne des Chambres fédérales pour rendre obligatoire l'enseignement d'une langue nationale secondaire à l'école primaire.