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Le Tessin veut interdire la dissimulation du visage en public

Le Tessin veut interdire le port de tout voile (sur la photo un niqab) sur la voie publique. [EPA/Julien Warnand - Keystone]
Le parlement tessinois rejette l'initiative contre la burqa et le niqab / Le 12h30 / 4 min. / le 18 avril 2013
Le Parlement tessinois a rejeté mercredi une initiative constitutionnelle pour l'interdiction de la burqa et du niqab. Les députés ont accepté en revanche le contre-projet qui veut interdire la dissimulation générale du visage.

Une initiative populaire constitutionnelle demandant l’interdiction du port de la burqa et du niqab, signée par plus de 11'000 citoyens, n'a pas trouvé grâce devant le Grand Conseil tessinois. Mais le législatif cantonal a accepté en revanche le contre-projet du Conseil d'Etat, qui vise l’introduction d’une base légale cantonale pour interdire la dissimulation du visage dans les lieux publics.

Au nom de la sécurité

Le Tessin veut donc interdire le port du voile islamique intégral dans les espaces publics, mais pas seulement. Il s’agit de bannir aussi les cagoules, passe-montagne et autres casques intégraux qui dissimuleraient le visage - le tout, au nom de la sécurité.

Et c’est bien ce principe qui a permis au contre-projet avancé par le gouvernement de passer la rampe du Grand conseil par 41 oui contre 25 non et 15 abstentions, au détriment de l’initiative populaire constitutionnelle qui ne visait que la burqa et le niqab.

Verdict au peuple

Giorgio Ghiringhelli, fondateur du mouvement Guasta-Feste (trouble-fête), promoteur de l’initiative, relève que le contenu est le même, mais que ce sont simplement "les conteneurs qui changent". Il n’entend cependant pas retirer son initiative pour autant.

Au final, les citoyens feront office d’arbitre entre les deux textes - vraisemblablement le 22 septembre prochain. "Les Tessinois vont se disputer pour un vêtement qu’ils n’ont jamais vu qu'à la télévision", résumait mercredi un député socialiste.

Nicole della Pietra/oang

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Hooligans dans le collimateur

Normann Gobbi, conseiller d'Etat tessinois en charge des Institutions, souligne que le contre-projet du Grand Conseil va bien dans la même direction que l'initiative constitutionnelle, "qui n'était pas exactement contre la burqa, mais bien contre la dissimulation du visage dans les lieux publics". Le but est d'avoir une loi de police et pas une loi contre les religions, précise-t-il. Le texte permettrait notamment de lutter plus efficacement contre les hooligans, qui se dissimulent le visage pour ne pas être reconnus.