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Des chevreuils ont élu domicile dans un cimetière bâlois

À Bâle, une vingtaine de chevreuils se sont installés dans un cimetière où ils provoquent de grands dégâts [RTS]
À Bâle, une vingtaine de chevreuils se sont installés dans un cimetière où ils provoquent de grands dégâts / 12h45 / 2 min. / le 11 mai 2020
Avec ses plantes goûteuses, le cimetière Hörnli à Bâle est devenu un paradis pour les chevreuils et 25 d'entre eux y ont élu domicile, au grand désarroi des responsables des lieux, qui doivent gérer de coûteuses mesures d'éloignement.

Venus de la forêt voisine, les chevreuils déambulent librement dans le cimetière et certains y sont même nés. Mais derrière l'image idyllique se cache une réalité beaucoup plus problématique.

"Ils mangent les jeunes plantes et font de grands dégâts, nous devons remplacer ces plantes pour que les proches des défunts retrouvent des tombes correctes. Ils paient pour cela", explique Emanuel Trueb, directeur service des jardins à Bâle-Ville, lundi dans le 12h45.

Le nombre de biches ne cessent d'augmenter

Un collaborateur du cimetière disperse chaque jour de l’acide butyrique sur les tombes pour tenter d’éloigner les bêtes mais cela n’a pas servi à grand-chose jusqu'ici. Au contraire, le nombre de biches ne cesse d’augmenter.

"On a essayé plusieurs fois de faire fuir les animaux mais le jour suivant, ils étaient de retour, ce que nous comprenons bien évidemment. Les conditions de vie sont excellentes ici", relate Emanuel Trueb.

Le cimetière bâlois dépense ainsi 100'000 francs par an pour remplacer les plantes détruites et pour tenter d’éloigner les animaux.

Abattre certains animaux?

Les responsables souhaitent désormais pouvoir abattre une partie des chevreuils. Une demande d’autorisation a été déposée auprès du canton et l'exécutif de la commune de Riehen, où se trouve le cimetière, soutient la démarche.

Pour Christine Kaufmann, membre de l'exécutif, "l'idée est d’abattre les animaux à la tombée de la nuit avec des fusils silencieux. Il ne s’agit pas de tuer tous les chevreuils mais uniquement de réguler leur population sur plusieurs années de telle sorte que la densité de chevreuil soit adaptée à la surface du cimetière".

Reste qu'abattre des animaux sauvage dans un cimetière est une opération délicate et cela suscite des critiques au sein de la population locale. "C'est une question très émotionnelle, c'est pourquoi nous voulons bien informer la population", précise Christine Kaufmann.

Si le canton donne son feu vert, on pourra continuer à observer des biches dans l’enceinte du cimetière, mais ça ne devrait plus être aussi facile qu’aujourd’hui.

Jean-Marc Heuberger/boi

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