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La Communauté islamique de Lucerne veut mieux encadrer ses imams

Les responsables musulmans lucernois ont réagi à l'affaire de l'imam de Kriens. [Alexandra Wey - Keystone]
La Communauté islamique de Lucerne veut mieux encadrer ses imams / La Matinale / 1 min. / le 18 octobre 2019
Après la mise à l'écart d'un imam de Kriens suspecté d'appel à la violence contre les femmes, les associations musulmanes lucernoises veulent mieux encadrer les prédicateurs et déplorent le manque de formation.

Le prédicateur de la mosquée Dar Assalam de Kriens a été démis de ses fonctions mercredi. Début août, l'imam irakien de 38 ans aurait recommandé, lors de la prière du vendredi, d'infliger "des coups légers" aux épouses "afin de les discipliner" lorsque d'autres mesures, comme le dialogue ou le délaissement du lit conjugal, "n'ont servi à rien".

>> Lire: Un imam lucernois suspecté d'appel à la violence relevé de ses fonctions

La Communauté islamique de Lucerne veut désormais "éviter les erreurs de casting", selon l'expression de son président. L'organisation faîtière des associations musulmanes du canton veut encourager les imams à se former et à mieux connaître la culture suisse, car il déplore un manque de formation. Il veut pour cela créer un centre culturel - une structure centralisée où les imams seraient mieux encadrés.

Une telle offre existe pourtant aujourd'hui, à l'Université de Fribourg où le Centre suisse islam et société (CSIS) propose des cours sous forme de séminaire et d'ateliers. Des imams de toute la Suisse y ont déjà participé, de manière volontaire.

Etablir un esprit de collaboration

Le directeur du CSIS Hansjörg Schmid salue cependant l'initiative lucernoise, car elle émane des musulmans eux-mêmes. "Il faut travailler dans un esprit vraiment collaboratif", explique-t-il vendredi dans La Matinale. "Si on ne trouve pas cet esprit de collaboration, de confiance, et qu'on essaie d'imposer quelque chose, les musulmans vont craindre que l'Etat construise un islam suisse qui ne soit pas le vrai islam."

Des associations qui manquent de ressources

Se pose aussi la question des ressources financières: "Normalement, la formation continue en Suisse est autofinancée", rappelle Hansjörg Schmid, "mais les associations musulmanes ont peu de ressources. La question est toujours de savoir qui va financer cela et c'est un grand défi aussi pour les universités qui veulent êtres actives dans ce champ."

Plus de 120 imams ont déjà suivi les cours proposés à Fribourg. Et pour Hansjörg Schmid, ils diminuent le risque de dérive même si aucune formation n'est à elle seule une assurance contre la radicalisation.

Delphine Gendre/oang

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