Modifié le 31 juillet 2019 à 09:50

Le suspect qui aurait tué un enfant à Francfort était recherché en Suisse

L'émoi en Allemagne après la mort d'un enfant poussé sur les vois de chemin de fer. Le suspect est un Erythréen avec permis C.
L'émoi en Allemagne après la mort d'un enfant poussé sur les vois de chemin de fer. Le suspect est un Erythréen avec permis C. 19h30 / 2 min. / le 30 juillet 2019
Le débat sur l’asile s’enflamme une nouvelle fois en Allemagne, au lendemain de la mort d'un enfant qui a été poussé sur les voies ferrées à Francfort. L'auteur présumé, un Erythréen de 40 ans résidant à Zurich, suivait un traitement psychiatrique.

L'enfant de huit ans et sa mère ont été poussés sur les rails lundi devant un train en marche en gare de Francfort. Le premier est décédé, mais "la femme s'en est sortie", a indiqué la police allemande, qui a ouvert une enquête pour meurtre.

L'auteur présumé a encore tenté de pousser une troisième personne avant d'être rattrapé par des passants alors qu'il essayait de prendre la fuite. Il n'aurait pas de liens avec ses victimes et le mobile du crime reste inconnu.

Voisine menacée de mort

Les autorités suisses avaient émis un avis de recherche national à l'encontre de cet homme de 40 ans, marié et père de trois enfants, à la suite d'une agression survenue le 25 juillet. L'individu avait "menacé de tuer sa voisine avec un couteau, a tenté de l'étrangler puis l'a enfermée chez elle avant de s'enfuir", a déclaré mardi le chef de la police nationale allemande au cours d'une conférence de presse.

La police suisse a de son côté précisé à ce sujet que le meurtrier présumé, résidant à Wädenswil (ZH) et au bénéfice d'un permis C accordé en 2011, avait suivi un traitement psychiatrique. Ni alcoolisé, ni drogué au moment du drame lundi, il sera certainement soumis à une expertise pour évaluer son degré de discernement. On ignore encore comment il a pu passer la frontière.

Appel de l'UDC à Karin Keller-Sutter

Les réactions n'ont pas manqué en Suisse. Le chef du groupe UDC aux Chambres fédérales Thomas Aeschi rappelle à la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter qu’il serait grand temps de changer de pratique avec l’Erythrée, qui est toujours dans le "top ten" des statistiques de l’asile.

On trouve beaucoup de commentaires aussi sur les réseaux sociaux, de citoyens suisses qui s’offusquent et qui s’inquiètent. La majorité de ceux que la RTS a lus dénoncent une politique migratoire irresponsable.

Le Blick, de son côté, se demande si les quais des gares helvétiques sont encore sûrs, en énumérant quelques incidents récents qui ont eu lieu en Suisse.

>> Les explications du 12h30 sur les répercussions en Suisse:

Le drame s'est déroulé à la gare principale de Francfort.
Armando Babani - EPA/Keystone
Le 12h30 - Publié le 30 juillet 2019

Alain Arnaud/oang/ani avec ats

Publié le 30 juillet 2019 à 18:00 - Modifié le 31 juillet 2019 à 09:50

Un précédent récent en Allemagne

Il y a une dizaine de jours, un fait divers similaire s'était déjà déroulé dans une ville de l'ouest de l'Allemagne.

Un homme avait mortellement poussé une femme de 34 ans sous un train. Ce dernier a depuis été placé en détention préventive.

Propos haineux du parti allemand AfD

Ce fait divers tragique a immédiatement été mis en avant par l’extrême droite allemande pour dénoncer la politique migratoire. Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est passé maître en matière de récupération, voire d’instrumentalisation des faits divers qui impliquent des étrangers. C’est par les tweets de la coprésidente du groupe AfD au Parlement que le débat haineux est arrivé. Alice Weidel a appelé dès lundi à "enfin protéger les citoyens (...) plutôt que de favoriser une politique d’accueil sans frontières."

Mardi, les critiques fusent également à l’encontre de la chancelière Angela Merkel, appelée à prendre ses responsabilités et à démissionner.