Modifié le 29 juillet 2019 à 10:49

Lucerne prépare ses solutions pour mieux endiguer le tourisme de masse

Le parking pour cars de l'Inseli à Lucerne, en juin 2018.
Lucerne prépare ses solutions pour mieux endiguer au tourisme de masse Le Journal horaire / 1 min. / le 29 juillet 2019
Pour limiter les embouteillages et apaiser sa population, la municipalité de Lucerne se dit favorable au principe d'une taxe sur les cars touristiques. Elle soumettra ses premières solutions en octobre prochain.

Victime de son attractivité mondiale, Lucerne peine à gérer le flux des touristes. Chaque année, 9,4 millions de personnes visitent la ville, soit plus de 25'000 par jour, selon la HES de Lucerne.

Mais l'immense majorité n'y passe pas la nuit: les groupes de touristes asiatiques font la visite au pas de course, avant de passer à l'étape suivante.

Pression pour des mesures supplémentaires

Et l'inquiétude d'une partie de la population a des échos au niveau politique. Depuis 2015, les cars se rendant sur les deux points d'accès aux sites historiques de la ville doivent déjà se contenter, aux heures de pointe, de laisser descendre leurs voyageurs et de repartir aussitôt.

Mais beaucoup veulent aller plus loin. En mars dernier, le parlement communal a chargé l'exécutif d'évaluer l'introduction d'une taxe de 120 francs par car s'arrêtant dans le centre-ville. L'objectif est de réduire les nuisances et faire participer les visiteurs d'un jour aux coûts d'infrastructures.

Le chef du dicastère de l'Environnement et de la Mobilité, l'écologiste Adrian Borgula, indique lundi que la Municipalité soumettra ses premières solutions en octobre prochain.

Un projet de métro jugé "irréaliste"

En matière de nouvelles infrastructures, plusieurs idées ont été lancées. Parmi elles, une initiative populaire propose d'installer un parking souterrain de cars au nord de la ville, relié au centre par un métro. Mais les autorités s'y opposent pour des raisons de coûts et parce qu'elles estiment le projet aussi inutile qu'irréaliste.

Une étude mandatée par la municipalité propose de son côté la construction d'un grand parking à l'Allmend, dans l'ouest, proche du stade de football et d'une gare RER.

Mais la ville va élaborer d'abord une nouvelle stratégie touristique, en recueillant les doléances des habitants dès la fin 2019. Le besoin en infrastructures et les règles définitives de stationnement des cars en découleront.

ats/oang

Publié le 29 juillet 2019 à 10:33 - Modifié le 29 juillet 2019 à 10:49

Une ville "ouverte au monde"

Sur le fond, l'exécutif de Lucerne ne considère pas que les limites du "surtourisme" sont atteintes. Les flux soudains de milliers de touristes asiatiques envoyés en voyage par leur employeur en mai dernier ont été gérés "sans poser de grands problèmes pour la vie quotidienne en ville", assure Adrian Borgula.

Le magistrat rappelle que Lucerne est une ville "ouverte au monde", que ses habitants sont eux aussi souvent des touristes ailleurs et que le tourisme se limite à quelques lieux précis en ville. "Le tourisme est important pour notre économie", rappelle-t-il.