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La course aux Etats s'annonce âpre à Zurich, en Argovie et à Schwyz

La course aux Etats s'annonce âpre à Zurich, en Argovie et à Schwyz.
La course aux Etats s'annonce âpre à Zurich, en Argovie et à Schwyz. [RTS]
Sans aller dans le détail de toutes les candidatures en Suisse alémanique et au Tessin, cette page vise à donner quelques tendances avec notamment des courses au Conseil des Etats qui s'annoncent acharnées à Zurich, en Argovie et à Schwyz.

Zurich: une vague verte attendue

A Zurich, les deux sénateurs sortants Daniel Jositsch (PS) et Ruedi Noser (PLR) se représentent et partent favoris. L'UDC a toutefois lancé, après de longues discussions, l'un de ses poids lourds dans la course, en l'occurrence le très médiatique Roger Köppel, mais une entrée à la Chambre haute serait une énorme surprise. Très en vue dans ce canton, les Vert'libéraux misent eux sur la conseillère nationale Tiana Angelina Moser pour renverser le duo de sortants, alors que Les Verts ont désigné leur présidente cantonale Marionna Schlatter.

Malgré leur raz-de-marée aux élections cantonales du printemps, Verts et Vert'libéraux auront de la peine à entrer aux Etats, mais ils semblent bien partis pour conquérir des sièges supplémentaires au National. Tous les autres partis, à commencer par l'UDC, décevante lors des élections cantonales, tenteront de préserver leurs acquis dans une députation zurichoise actuellement composée comme suit: 12 UDC, 9 PS 9, 5 PLR, 3 Vert'libéraux, 2 PDC, 2 Verts, 1 PBD et 1 PEV.

A noter encore que le PBD pourrait perdre son unique fauteuil, actuellement détenu par la cheffe du groupe aux Chambres Rosmarie Quadranti. L'actuelle conseillère nationale PDC Kathy Ricklin n'était de son côté plus désirée par son parti et a décidé de conduire une liste personnelle.

>> Lire aussi: Près d'un millier de candidats se pressent pour le National dans le canton de Zurich

Tessin: un PDC affaibli veut se maintenir

Sorti affaibli des dernières élections cantonales, le PDC devra aussi lutter pour conserver ses acquis durant les fédérales. Aux Etats, le sortant Filippo Lombardi brigue un sixième mandat sous la Coupole et a reçu une dérogation de son parti pour se représenter. Mais son siège est convoité à gauche et à droite.

Le PLR cherchera lui à sauver le siège laissé vacant par Fabio Abate grâce à la candidature du conseiller national Giovanni Merlini. Le PS misera sur sa conseillère nationale Marina Carobbio, alors que l'UDC propose un autre conseiller national, Marco Chiesa. Battista Ghiggia est le prétendant de la Lega et Greta Gysin la prétendante des Verts.

Au National, la députation en place, à savoir 2 membres de la Lega, 2 PLR, 2 PDC, 1 PS et 1 UDC, pourrait évoluer. Les démocrates-chrétiens sont notamment menacés, même s'ils représentent leurs sortants Marco Romano et Fabio Regazzi. Un apparentement avec le PLR et les Vert'libéraux a été décidé pour renforcer ce pôle de centre-droit et aussi conserver les deux sièges libéraux-radicaux, celui laissé libre par Giovanni Merlini et celui du sortant Rocco Cattaneo

La Lega cherchera à conserver ses deux sièges avec les sortants Lorenzo Quadri et Roberta Pantani. Idem pour l'UDC avec Marco Chiesa. La gauche, qui ne compte qu'un siège, espère elle au minimum doubler sa députation, avec comme locomotive la socialiste Marina Carobbio, mais aussi avec plusieurs listes écologistes.

Argovie: deux retraits qui ouvrent la course

Les retraits des deux sénateurs en poste, l'ancien président du PLR suisse Philipp Müller et la socialiste Pascale Bruderer Wyss, ancienne présidente du Conseil national, aiguisent les appétits. Côté PS, l'actuel conseiller national Cédric Wermuth est en lice, alors que le PLR espère garder son mandat grâce au conseiller national Thierry Burkart. Les députées au Grand Conseil Marianne Binder-Keller (PDC), Maya Bally (PBD) et Ruth Müri (les Verts) sont aussi dans la course, tout comme les conseillers nationaux Hansjörg Knecht (UDC) et Beat Flach (Vert'libéraux).

Un deuxième tour sera vraisemblablement nécessaire pour départager tous ces candidats.

Au National, le PS et le PDC ont annoncé qu'ils veulent décrocher chacun un siège supplémentaire. Le PS veut reprendre celui perdu il y a quatre ans. Plus fort parti du canton, l'UDC est dans la tourmente en raison de problèmes internes et du départ de quatre sortants, mais il compte bien maintenir ses sept sièges. A noter que l'UDC Maximilian Reimann, qui siège à Berne depuis en 1987, brigue un nouveau mandat à 77 ans. Quant à son collègue de parti Luzi Stamm, une figure de l'UDC, il est devenu persona non grata dans sa formation et il a lancé sa propre liste.

Grisons: le deuxième siège UDC au National en danger

Les socialistes ont affiché certaines ambitions dans la course au Conseil des Etats en lançant dans la course l'ancien président du PS cantonal Jon Pult pour mettre des bâtons dans les roues des sortants Stefan Engler (PDC) et Martin Schmid (PLR). L'UDC mise de son côté sur la députée au Parlement cantonal Valérie Favre Accola.

Au National, l'un des deux sièges UDC semble en danger. Domiciliée dans le canton de Zurich, mais dirigeant le groupe chimique Ems dans les Grisons, Magdalena Martullo-Blocher avait créé la surprise en 2015 en remportant ce second fauteuil en compagnie de Heinz Brand. Tous deux se représentent, mais le PLR, les Vert'libéraux et Les Verts ambitionnent notamment de dérober ce siège. L'alliance PLR-PDC-PBD pourraient notamment favoriser les desseins libéraux-radicaux.

Les sortants Duri Campell (PBD) et Martin Candinas (PDC) tenteront eux aussi de maintenir le siège de leur parti, alors que le socialiste Jon Pult cherchera à préserver la place laissée vacante par sa collègue Silva Semadeni, s'il n'est pas élu aux Etats.

Les PS, les Vert'libéraux et les Verts ont apparenté leurs listes pour former "l'alliance du climat", alors que l'UDC part seule au combat.

Schwyz: l'artillerie lourde face aux deux élus UDC

Les deux fauteuils de sénateurs schwytzois sont tous deux occupés par l'UDC, à savoir Alex Kuprecht et Peter Föhn. Seul le premier se représente et il est accompagné par l'ancien président de l'ASIN et actuel conseiller national Pirmin Schwander.

Les deux partent favoris dans ce canton, ce d'autant plus que la présidente du PLR suisse Petra Gössi a coupé court aux rumeurs qui la voyaient se présenter au Conseil des Etats pour se concentrer sur la quête d'un troisième mandat à la Chambre du peuple. Les libéraux-radicaux ont donc misé sur le ministre cantonal Kaspar Michel.

Le PS lance lui l'ancien maire de Küssnacht Michael Fuchs dans la course, alors que le PDC espère récupérer son siège perdu en 2011 avec la candidature du ministre cantonal Othmar Reichmuth.

Au National, les quatre sortants Petra Gössi (PLR), Pirmin Schwander (UDC), Marcel Dettling (UDC) et Alois Gmür (PDC) se représentent. Le PS espère lui récupérer son siège perdu en 2015.

Bâle-Ville: une socialiste pour une socialiste?

L'unique conseillère aux Etats du demi-canton, la socialiste Anita Fetz, quitte la Chambre haute après quatre législatures. Le PS, qui occupe ce fauteuil depuis 52 ans, a misé sur une figure bâloise, l'actuelle conseillère d'Etat Eva Herzog, pour tenter de conserver le siège. Elle est aussi en lice pour le National. L'alliance PRD, PLS, PBD, Vert'libéraux, PDC et PEV présente la libérale Patricia van Falkenstein, alors que l'UDC se lance seule dans la course avec l'ancienne escrimeuse Gianna Hablützel-Bürki.

Au National, deux PS, une Verte, un PLS et un UDC siège actuellement pour le demi-canton. Tous les sortants briguent un nouveau mandat, à l'exception de la socialiste Silvia Schenker.

Bâle-Campagne: un siège socialiste convoité

L'unique sénateur du demi-canton, le socialiste Claude Janiak, tire sa révérence après 12 ans en poste. Le PS espère garder ce siège avec le conseiller national Eric Nussbaumer, mais celui-ci fait notamment face à la conseillère nationale PLR Daniela Schneeberger, à sa collègue verte Maja Graf et à l'ex-présidente du Parlement cantonal Elisabeth Augstburger, du Parti évangélique.

Au National, tous les sortants (2 PS, 2 UDC, 1 PDC, 1 Vert et 1 PLR) se représentent. On ne s'attend pas à des changements dans la répartition des sièges.

Lucerne: le PDC et le PLR dans deux fauteuils?

Aux Conseil des Etats, les deux sièges ont toujours été occupés par le PDC et le PLR. Côté libéral-radical, le sortant Damian Müller se représente et devrait logiquement être réélu. Chez les démocrates-chrétiens, le retrait de Konrad Graber aiguise les appétits, mais la conseillère nationale Andrea Gmür semble bien partie pour lui succéder. Face à eux, l'UDC a lancé le conseiller national Franz Grüter et le PS le député cantonal et ancien président des Jeunes socialistes suisses David Roth.

Au National, Lucerne voit son nombre de sièges passer de dix à neuf et un parti va forcément en faire les frais. Les dix sortants se représentent, à savoir trois PDC, trois UDC, deux PLR, une PS et un Vert. Vainqueurs des élections cantonales du 31 mars dernier, le PS, les Verts et les Vert'libéraux, qui ont apparenté leurs listes, sont en position de force pour gagner ensemble un mandat. Reste à savoir à quel parti il profiterait. A l'inverse, le PDC et l'UDC auront fort à faire pour se maintenir. Ces deux formations pourraient chacune perdre un siège.

Soleure: des sortants largement favoris

Cinq candidatures ont été enregistrées en ce qui concerne le Conseil des Etats, mais les deux sortants Pirmin Bischof (PDC) et Roberto Zanetti (PS) sont favoris Les trois autres candidats sont le conseiller national Christian Imark (UDC), le président de PLR cantonal Stefan Nünlist et le député Felix Wettstein (les Verts).

Au National, cinq des six sortants (2 UDC, 2 PS, 1 PDC, 1 PLR) briguent un nouveau mandat. Bea Heim (PS), seule femme de la délégation soleuroise, se retire. L'ancien conseiller d'Etat socialiste Peter Gomm est le mieux placé pour défendre ce siège.

Saint-Gall: Paul Rechsteiner rempile

L'ancien président de l'Union syndical suisse Paul Rechsteiner vise un troisième mandat à la Chambre haute, alors que le PDC Benedikt Würth, qui a remplacé Karin Keller-Sutter en mai, se représente aussi. Ils sont concurrencés par Pietro Vernazza (Vert'libéraux), Franziska Ryser (Verts), Norbert Feldmann (PBD), Marcel Dobler (PLR) et Roland Rino Büchel (UDC).

Au National, Verts et Vert'libéraux pourraient profiter d'un vent favorable pour arracher l'un des cinq sièges de l'UDC, "orpheline" de Toni Brunner, et l'un des trois mandats du PDC, parti en recul dans ce canton pourtant catholique. Le départ du PLR Walter Müller se retire après 16 ans à Berne pourrait aussi affaiblir son parti.

Thurgovie: peu de changements attendus

La députation thurgovienne au National est actuellement composée de trois UDC, un PLR, un PDC et une socialiste. Seul Markus Hausamann (UDC) ne se représente pas, mais son parti devrait conserver ce siège à partir si Les Verts ou les Vert'libéraux parviennent à créer la surprise. Les autres fauteuils ne devraient pas changer de parti.

Aux Etats, Brigitte Häberli (PDC) brigue un nouveau mandat, alors que Roland Eberle (UDC) ne se représente pas. Pour défendre ce siège, l'UDC lance le conseiller d'Etat Jakob Stark. Le PS a désigné la présidente de la section cantonale Nina Schläfli.

Zoug: le président du PDC dans un fauteuil

Les conseillers nationaux sortants Gerhard Pfister, président du PDC, et Thomas Aeschi (UDC) briguent un nouveau mandat et devraient être réélus sans problème. Bruno Pezzatti (PLR) ne se représente pas, mais le parti entend conserver son siège. Après sa poussée aux cantonales d'octobre dernier, la gauche veut elle ravir un siège au camp bourgeois.

Au Conseil des Etats, un siège se libère grâce au départ du PLR Joachim Eder. Outre le PDC sortant Peter Hegglin, qui se représente, six autres personnes sont sur les rangs, dont l'ex-conseiller d'Etat PLR Matthias Michel, le conseiller d'Etat UDC Heinz Tännler et la députée PS Barbara Gysel.

Obwald et Nidwald: les sénateurs réélus

Les conseillers aux Etats obwaldien Erich Ettlin (PDC) et nidwaldien Hans Wicki (PLR) ont été réélus tacitement. Aucune autre candidature pour l'élection du 20 octobre n'a été enregistrée dans les deux cantons, qui disposent chacun d'un siège aux Etats.

A Nidwald, pour le National le sortant UDC Peter Keller affronte en duel l'ancien ministre cantonal Alois Bissig. Ce dernier n'est toutefois pas soutenu officiellement par son parti, le PDC, qui s'est prononcé contre sa nomination.

A Obwald, le sortant chrétien-social Karl Vogler (groupe PDC) ne se représente pas. Cinq candidats visent sa place: Marco De Col (PLR), Luke Gasser (sans parti), Mirjam Hostetmann (PS), Monika Rüegger-Hurschler (UDC) et Peter Krummenacher (PDC). Les deux derniers sont favoris.

>> Lire aussi: Les conseillers aux Etats obwaldien et nidwaldien réélus tacitement

Schaffhouse: de faibles enjeux

Les deux conseillers nationaux sortants Thomas Hurter (UDC) et Martina Munz (PS) se représentent et ont de bonnes chances d'être réélus. Face à eux, six femmes et 21 hommes tenteront d'obtenir l'un des deux sésames, mais leurs chances sont minces.

Les sénateurs Hannes Germann (UDC) et Thomas Minder (indépendant qui siège dans le groupe UDC) briguent aussi un nouveau mandat, là aussi avec le rôle de favori. Le PLR aura de la peine à récupérer le siège perdu en 2011, mais met "le paquet" en proposant Christian Amsler, populaire ministre cantonal.

Glaris: les sortants favoris

Les sièges de sénateurs sont actuellement occupés par Thomas Hefti (PLR) et Werner Hösli (UDC) et ils briguent un nouveau mandat. Plus représentée à Berne depuis dix ans, la gauche mise elle sur le Vert Mathias Zopfi, mais son élection serait une sensation.

Au National, le président du PBD Martin Landolt va tenter de conserver l'unique siège dévolu au canton et une non réélection serait une grosse surprise.

Uri: Heidi Z'graggen devrait rebondir aux Etats

Aux Etats, le PDC Isidor Baumann ne rempile pas et l'ancienne candidate au Conseil fédéral Heidi Z’graggen est largement favorite pour le remplacer. Le PLR Josef Dittli devrait lui être réélu.

Au National, l'unique représentant uranais, l'UDC Beat Arnold, cède son fauteuil, attisant toutes les convoitises. Le PLR était notamment très ambitieux, mais son candidat Matthias Steinegger a dû se retirer récemment un cause d'un AVC. Le PDC Simon Stadler et l'UDC Pascal Blöchlinger sont donc favoris face au maire socialiste d'Altdorf Urs Kälin.

Appenzells: un élu et une surprise

En Appenzell Rhodes-Extérieures: un politicien local de l'UDC a créé la surprise en se portant candidat aux Etats contre l'avis de son parti. L'UDC soutient en effet le sortant libéral-radical Andrea Caroni, qui devrait toutefois conservé l'unique fauteuil du demi-canton.

Au National, le sortant UDC David Zuberbühler est sous pression, car son adversaire PLR Jennifer Abderhalden pourrait bénéficier de l'effet femmes face à un homme jugé très à droite.

En Appenzell Rhodes-Intérieures, c'est la Landsgemeinde, l’assemblée de tous les citoyens disposant du droit de vote, qui élit son représentant au Conseil des Etats au mois d’avril qui précède les élections fédérales. C'est le PDC Daniel Fässler qui a été désigné

Au National, la PDC Antonia Fässler devrait logiquement défendre le siège du sortant Daniel Fässler, mais il doit notamment affronter un autre candidat PDC, Thomas Rechsteiner. L'actuel ministre cantonal des Finances Ruedi Eberle (UDC) est aussi candidat, tout comme le président de la section cantonale du PS Martin Pfister.

Frédéric Boillat avec ats

Publié le 05 septembre 2019 à 14:35 - Modifié hier à 09:41