Publié le 10 avril 2019 à 12:59

Le Blick et Ringier devant la justice après le "scandale sexuel de Zoug"

Jolanda Spiess-Hegglin (au centre) à sa sortie du tribunal à Zoug, le 10.04.2019.
Le Blick et Ringier devant la justice après le "scandale sexuel de Zoug" Le 12h30 / 1 min. / le 10 avril 2019
Le quotidien alémanique Blick et son éditeur Ringier sont jugés mercredi devant Tribunal cantonal de Zoug. Ils sont poursuivis par une ex-députée verte après une affaire de possible abus sexuel en 2014.

L’ancienne députée écologiste Jolanda Spiess-Hegglin attaque le journal de boulevard et son éditeur pour violation des droits de la personnalité.

Le quotidien avait publié noms et photos, au lendemain de ce qui allait devenir le "Zuger Sex-Skandal" (scandale sexuel de Zoug.) Le Blick et Ringier avaient abondamment feuilletonné sur cette obscure affaire de possible abus sexuel, avec plus de 200 articles à charge contre la députée.

Les suppositions du Blick

Au lendemain d’une soirée officielle très arrosée, l'élue verte s'était réveillée avec de fortes douleurs au bas-ventre, sans savoir comment elle était rentrée chez elle. "Est-ce lui qui a abusé d’elle?", demandait le Blick en Une, en publiant le nom et la photo d’un collègue député de l’UDC, avec lequel elle avait été vue la veille.

C’est précisément la divulgation de l’identité des deux protagonistes qui cause problème, comme l’a du reste déjà reconnu le Conseil suisse de la presse. Jeter en pâture ces deux élus au grand public revenait à les exposer à une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux - de quoi briser une carrière et des familles.

Toujours des menaces de mort et de viol

Et quatre ans plus tard le harcèlement continue: "Il y a là des dizaines de milliers de messages de haine, certains aussi par courrier postal. Des menaces de mort, de viol. Actuellement, j’ai cinq personnes qui me harcèlent. Cela dépasse l’entendement", explique Jolanda Spiess-Hegglin à la radio-télévision alémanique SRF.

Le procès de mercredi ne concerne que le tout premier article du Blick. En cas de condamnation, il s’étendrait sans doute à tous les autres, parus par la suite dans les différents vecteurs de Ringier - avec le risque pour l’éditeur de devoir reverser la totalité des bénéfices générés par ces articles. Il y en aurait, semble-t-il, pour plus d’un million de francs.

Alain Arnaud/oang

Publié le 10 avril 2019 à 12:59