Modifié le 22 janvier 2019 à 08:24

La fusion des hôpitaux cantonaux des deux Bâle divise l'échiquier politique

Faut-il fusionner les hôpitaux cantonaux des deux Bâles?
Les enjeux du vote sur la fusion des hôpitaux publics des deux Bâle divisent les partis La Matinale / 1 min. / le 22 janvier 2019
Les habitants des deux Bâle se prononceront le 10 février prochain sur la création d'une seule et unique entité hospitalière qui regrouperait l'hôpital cantonal de Bâle-Campagne et l'Hôpital universitaire de Bâle-Ville.

Ce sujet très disputé fait débat des deux côtés de l'échiquier politique. A Bâle-Ville, une majorité bourgeoise et une bonne partie des Verts font partie des partisans de cette fusion hospitalière.

Médecin et ancien président du Conseil d'Etat de Bâle-Ville, Guy Morin estime que l'Hôpital universitaire de Bâle-Ville est surdimensionné et que la fusion est indispensable. "Les hôpitaux en Suisse sont économiquement sous pression et doivent garantir un assez grand nombre de cas pour la médecine spécialisée, en garantissant ce nombre, la qualité augmente pour les patients."

Les partisans de cette fusion relèvent aussi qu'elle permettra de réaliser des économies à hauteur de 70 millions de francs par an.

Crainte d'un début de privatisation

Ces arguments ne convainquent pas le parti socialiste, qui considère que la mesure se ferait au détriment des salariés des hôpitaux. Ce qui pose problème aussi aux socialistes, c'est que la nouvelle entité, qui sera en main publique, est prévue comme société anonyme de droit privé.

"Avec cette société anonyme, le Conseil exécutif prend toutes les décisions importantes et l'assemblée est secrète, seul le gouvernement participe", souligne Gaspard Sutter, député socialiste à Bâle-Ville, qui dénonce un début de privatisation. "Le parlement et le peuple ne peuvent pas décider sur ces sujets-là."

Sensibilité variable selon le demi-canton

A noter qu'à Bâle-Campagne, au contraire, c'est la droite qui s'oppose à cette fusion, tandis que les socialistes y sont favorables. Cette complexité du débat s'explique par le fait que la situation du secteur hospitalier est différente d'un demi-canton à l'autre, tout comme les enjeux politiques.

Séverine Ambrus/lgr

Publié le 22 janvier 2019 à 07:47 - Modifié le 22 janvier 2019 à 08:24