Modifié le 30 octobre 2018 à 18:43

Annonces érotiques et prévention vont de pair sur un nouveau site romand

Les associations lausannoise Fleur de Pavé et genevoise Aspasie ont lancé mardi un site gratuit de petites annonces érotiques comprenant un volet d'information et de prévention destiné aux travailleurs du sexe et aux clients.

Le concept du site, baptisé "Call me to play", n'a à la connaissance de ses créateurs pas d'équivalent en Suisse. Destiné à toutes les personnes pratiquant le sexe tarifé, ainsi qu'aux gérants de salons et aux clients, il vise à faire passer les messages de prévention des risques sur un ton ludique.

Sur la forme, le site est disponible en français, anglais, roumain, espagnol et hongrois, les cinq langues les plus employées dans ce secteur. Pour l'instant surtout adressé à la Suisse romande, il pourrait à terme être traduit en allemand et en italien afin de toucher le reste du pays.

"Humaniser et destigmatiser"

"Le plus gros challenge a été de savoir comment faire de la prévention efficace sans faire peur, sans être moralisateur (...) et de façon ludique", relève la co-responsable du site Zoé Blanc-Scuderi.

>> Visite guidée du site en vidéo avec Zoé Blanc-Scuderi:

Zoé Blanc-Scuderi, co-responsable du site.
L'actu en vidéo - Publié le 30 octobre 2018

"Côté pile", décrit-elle, les profils des escorts, comme sur un site d'annonces classique, mais avec la volonté affichée d'"humaniser", "valoriser et destigmatiser". Ils sont assortis de croquis coquins qui filent la métaphore du jeu.

"Côté face", des forums et plusieurs pages dédiées à l'information et aux cas d'urgence.

Eclatement géographique

L'objectif était de répondre aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins des travailleurs du sexe, pour qui le web est devenu central et qui sont de plus en plus éclatés géographiquement et isolés, a expliqué la directrice de Fleur de Pavé Silvia Pongelli mardi.

"Call me to play" veut ainsi se placer "au coeur du dispositif du travail du sexe en ligne", ce qui devrait également permettre aux associations de prévention de mieux connaître les profils des prostitué(e)s, de monitorer les lieux et les pratiques, et de définir leur actions prioritaires.

Le projet a été amorcé il y a trois ans et a reçu le soutien financier de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), de FedPol et de CoRom, la coordination romande des antennes sida.

>> A lire aussi: "La prostitution est un travail": l'appel des travailleurs du sexe romands

Pauline Turuban

Publié le 30 octobre 2018 à 17:51 - Modifié le 30 octobre 2018 à 18:43