Modifié le 27 juillet 2018

La présence du black bass dans le Léman menace la faune locale

Le black bass provient d'Amérique du Nord, mais des pêcheurs l'ont aperçu dans le Léman (image d'illustration).
La présence du black bass dans le Léman suscite des craintes pour la faune locale La Matinale / 2 min. / le 27 juillet 2018
La capture d'un black bass dans le Léman a surpris quelques pêcheurs du côté de Genève. La présence de ce gros poisson nord-américain, agressif et vorace, inquiète les spécialistes, qui craignent pour la faune locale.

Ce n'est pas la première fois qu'un black bass est aperçu dans le Léman, mais sa présence dans le lac est très récente. Et comme à chaque fois qu'une espèce exotique est découverte, les spécialistes craignent pour la faune indigène, surtout que ce poisson nord-américain n'a pas de prédateur.

Presque chaque année, une nouvelle espèce exotique est découverte dans le Léman. Avant le black bass, il y a eu le silure, le poisson chat ou l'écrevisse américaine.

"On espère que cette population de black bass va disparaître assez rapidement. Il fait partie de la même famille que les perches. Il peut donc y avoir de la prédation ou une menace de maladies chez les perches",  estime Dimitri Jaquet, responsable du secteur pêche à Genève.

"Une nouvelle espèce à capturer"

Pour l'instant, la population de black bass dans le Léman n'est pas abondante. Mais le lac, qui a tendance à se réchauffer, devient de plus en plus propice à l'implantation durable de ces espèces exotiques.

Reste à savoir comment ces poissons sont arrivés là. "On aimerait bien avoir la réponse, parce que c'est totalement illégal. Il y a toujours ce fantasme de capturer de nouvelles espèces, des poissons plus grands... Souvent par le passé, cela a été de l'introduction par des pêcheurs indélicats qui voulaient avoir une nouvelle espèce à capturer", déplore Jean-Francois Rubin, directeur de la maison de la rivière.

Des poissons qui disparaissent

Lorsqu'une nouvelle espèce est introduite, c'est souvent au détriment d'autres. C'est d'ailleurs déjà arrivé dans le Léman. "Il y avait une espèce de corégone, ce qu'on appelle la féra, qui existait abondamment et qui a complètement disparu du Léman. Elle a dû être réintroduite à partir de l'espèce à côté, qui était dans le Lac de Neuchâtel. Aujourd'hui, on continue à les appeler des féras, mais c'est une espèce qui a disparu", explique Jean-Francois Rubin.

Et d'ajouter: "Dans le Léman, comme c'est un grand lac, il y a une résilience qui est importante. Mais dans de petits plans d'eau, on peut voir des espèces qui disparaissent très très vite". Jean-François Rubin prend l'exemple de l'Espagne, où plusieurs espèces de poissons ont disparu suite à l'arrivée du black bass nord-américain.

Agathe Birden/jvia

Publié le 27 juillet 2018 - Modifié le 27 juillet 2018