Modifié le 10 février 2016

Pas de place en crèche? Les nonnas et les nounous sont fidèles au poste

Des "nounous", déclarées ou non, se chargent de prendre la relève des parents si aucune place en crèche n'a été trouvée.
Des "nounous", déclarées ou non, se chargent de prendre la relève des parents si aucune place en crèche n'a été trouvée. [Ennio Leanza - Keystone]
Malgré les efforts entrepris ces 15 dernières années, l'offre en crèche reste insuffisante. Que peuvent faire les parents si la famille proche ne répond pas à l'appel? Etat des lieux en Suisse romande.

Au début des années 2000, la Confédération et les cantons se sont donnés les outils nécessaires pour renforcer l'accueil extrafamilial des enfants. Le nombre de places en crèche a nettement augmenté.

 

Les mamans de jour constituent l'autre mode institutionnel qui autorise une garde avec repas pour les moins de 4 ans. Les accueillants en milieu familial connaissent un succès variable, vif dans le Jura et en Valais, mais faible en ville de Genève, où le système pourrait même disparaître au profit des crèches familiales (voir lexique).

 

La crèche constitue le mode de garde privilégié des parents qui travaillent. "Les activités d’éveil et d’éducation organisées dans ces structures favorisent le développement cognitif, social et corporel des enfants", explique Fabienne Benninghoff, responsable de l'Observatoire cantonal de la petite enfance de Genève.

Encore de nombreuses mères au foyer

Malgré les progrès constatés, seuls 18% des petits enfants sont pris en charge exclusivement dans des institutions (structures d'accueil en milieu collectif ou familial). Le nombre de petits sur liste d'attente se calcule généralement en dizaine, voire en centaine, selon les cantons. Seul le Valais s'en sort, avec un nombre quasi nul d'enfants à espérer une place.

En attendant une embellie, de nombreux petits bénéficient d'une garde non institutionnelle (famille proche ou particulier).

Reste que peu de parents souhaitent placer leur bambin tous les jours en crèche. Les modes de garde sont souvent cumulés et les parents peuvent consacrer une ou plusieurs journées à leurs enfants. Ainsi, seuls 11% des petits Suisses sont gardés par des tiers plus de 30 heures par semaine.

Enfin, 26% des moins de 4 ans passent même toute la semaine exclusivement avec leurs parents (ce taux serait plus bas en Suisse romande, avec 21% dans le canton de Vaud par exemple).

Les nonnas toujours là

Parmi les modes de garde non institutionnelle, la famille proche reste incontournable. Preuve de l'importance de ce phénomène: l'Ecole des grands-parents de Suisse romande a vu le jour en 2003.

Les "nounous au gris"

Si l'enfant ne peut être confié ni à des institutions, ni à la famille, des particuliers prennent la relève. L'enfant est alors gardé soit au domicile des parents (nounou légale), soit au domicile du particulier (nounou illégale si elle n'a pas été agréée).

Dans le canton de Neuchâtel, c'est ce deuxième cas de figure qui prédomine. "Ces mamans de jour 'au gris' déclarent leurs revenus, mais elles n'ont pas été autorisées. Comme c'est trop lourd pour nous de toutes les surveiller, on essaie d'agir de manière pragmatique, en intervenant en aval pour éviter d'autres dommages", explique Christian Fellrath, chef du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse.

Employées de maison pas surveillées

La nounou à domicile (ou "employée de maison" si la personne s'occupe aussi du ménage) n'a pas besoin d'autorisation car elle est placée sous la responsabilité des parents. En revanche, dans certains cantons, elle peut se voir interdite a posteriori de prise en charge d'enfants, en cas "d'insuffisances manifestes".

Cette juridiction est insuffisante, selon Stéphane Quéru, chef du Service de l'enfance et de la jeunesse fribourgeois. "Certaines législations avancent en fonction d’un événement tragique", déplore-t-il.

C'est que la protection de la sphère privée a la vie dure en Suisse... En 2009, le Conseil fédéral avait tenté de faire soumettre à autorisation les jeunes au pair. Mais face à la levée de boucliers, il avait dû abandonner son projet.

Genève, le canton novateur

C'est seulement dans le canton de Genève que les parents peuvent recourir aux services d'une nounou à domicile subventionnée. En effet, depuis 2007, dans le cadre d'un partenariat entre l'Etat, Pro Juventute et la Croix-Rouge, près de 200 assistantes parentales sont mobilisées. Elles ont toutes été engagées dans le cadre d'un emploi de solidarité.

Pro Juventute réfléchit à développer son offre ailleurs en Suisse romande. En attendant, les parents des autres cantons peuvent consulter des sites internet ou des pages Facebook pour mettre la main sur la perle rare.

>> Un site web pour échanger des heures de garde entre parents:

VD: un nouveau site permet aux parents d’échanger les heures de gardes de leurs enfants
19h30 - Publié le 31 décembre 2015

Caroline Briner

Publié le 03 janvier 2016 - Modifié le 10 février 2016

Crèche, garderie: le méli-mélo romand

GARDE REGULIERE
Elle peut se faire à plein temps (jusqu'à 10h par jour) ou à temps partiel (moins de 4h par jour) dans une structure subventionnée ou privée.

Garde à plein temps
- dans une structure d'accueil collectif: centre de vie enfantine (ou espace de vie enfantine), avec crèche (ou garderie dans certains cantons) et nursery (pour les bébés et les trotteurs)
- dans une structure d'accueil familial: accueillant en milieu familial (ou maman de jour, parent d’accueil)
- dans une structure hybride: crèche familiale (ou crèche à domicile). Lieu où se rend quelques heures par jour un accueillant
- à domicile: assistante parentale, nounou (nurse), jeune au pair, parenté

Garde à temps partiel
- dans une structure: jardin d'enfants, garderie, halte-jeu (halte-garderie)
- à domicile: nounou (nurse), parenté

GARDE PONCTUELLE
- dans un espace privé: halte-jeu (halte-garderie) de centres commerciaux, fitness, paroisse, etc.
- à domicile: nounou (nurse), parenté, babysitter