Modifié le 01 avril 2020 à 12:20

Les services hospitaliers romands se réorganisent face au Covid-19

Les cliniques privées prêtent main forte aux hôpitaux publics pour faire face à la vague de patients touchés par le virus.
Les cliniques privées prêtent main forte aux hôpitaux publics pour faire face à la vague de patients touchés par le virus. 19h30 / 2 min. / le 31 mars 2020
Partout en Suisse romande, les cliniques privées prêtent main-forte aux hôpitaux publics face à une crise sanitaire sans précédent. C'est notamment le cas de l'Hôpital Daler à Fribourg et de l'Hôpital de la Tour à Genève qui traitent désormais une grande partie des urgences hors Covid-19.

L'Hôpital Daler ne se situe qu'à quelques dizaines de mètres seulement de l'Hôpital cantonal de Fribourg (HFR) mais jamais pourtant ils n'avaient été aussi proches.

Avec le Covid-19, l'Hôpital cantonal se concentre désormais sur les patients infectés par le coronavirus tandis que son voisin, un établissement privé, prend en charge les urgences. Une mutualisation des forces et une réorganisation du système hospitalier pour faire face à une crise sanitaire sans précédent.

"Le premier jour, nous avons accueilli notre premier cas en orthopédie d'urgence. Il a été traité par un médecin qui ne connaissait pas notre hôpital et a été accompagné par du personnel soignant à la fois de chez nous et du HFR", illustre David Queloz, directeur de l'Hôpital Daler.

Plus de distinction d'assurance

A Genève aussi, on assiste à un bouleversement similaire. Les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) conservent un service d'urgences mais une grande partie des cas hors Covid-19 se concentrent à présent à l'Hôpital de la Tour. Dans cette clinique privée de Meyrin, les soins intensifs sont passés de huit à quatorze lits.

"En termes de quantité et d'afflux de patients, c'est quelque chose d'inédit pour nous. Nous devons nous adapter aux arrivées de patients qui présentent des pathologies lourdes par les urgences", explique Alain Younossian, médecin-chef aux soins intensifs.

Autre élément inédit, les services de ces cliniques privées sont accessibles à tous, comme l'affirme Julien Heider, directeur des opérations à l'Hôpital de la Tour: "Aujourd'hui, il n'y a plus de distinction d'assurance pour la prise en charge des patients. Un dispositif cantonal a été mis en place et le tri des patients se fait selon la pathologie. Chaque acteur agit au meilleur de ses compétences".

Rapide adaptation

Partout, la collaboration entre privé et public a été mise sur pied en un temps record. "Si on m'avait dit il y a trois mois qu'on serait capable de monter cela avec les hôpitaux, les médecins et les soignants, je ne vous aurais pas cru. On est toujours étonné par la capacité de l'être humain à faire face", conclut David Queloz. Selon la gravité de la situation sanitaire, ces partenariats pourraient encore s'accroître au cours des prochains jours.

>> L'interview d'Eric Bonvin, directeur de l'Hôpital du Valais:

Eric Bonvin "Il faut que les compétences et les forces s'unissent pour faire face à la vague qui pourrait encore arriver."
19h30 - Publié le 31 mars 2020

Delphine Gianora/kg

Publié le 31 mars 2020 à 22:27 - Modifié le 01 avril 2020 à 12:20