Modifié le 23 mars 2020 à 09:07

Les mesures contre le Covid-19 font baisser les délits en Suisse romande

En Valais, la police patrouille 24h sur 24h et c'est du jamais vu.
Les délits clairement en baisse en Suisse romande sous l'effet du Covid-19 La Matinale / 1 min. / le 23 mars 2020
Il y a moins de délits sur l'espace public depuis le début de la crise du nouveau coronavirus en Suisse romande. Les mesures d'éloignement décidées par la Confédération ont un impact dissuasif en matière d'incivilités ou de délits dans l'espace public.

Baisse des appels aux centrales d'alarmes, moins de plaintes déposées, moins d'infractions à la circulation routière: la tendance est générale dans la plupart des cantons romands sondés par la RTS. En ce qui concerne les cambriolages, en revanche, il est prématuré de tirer une quelconque tendance.

A Genève, la police dit porter une attention particulière sur les commerces qui ont fermé. A Fribourg, des interventions ont surtout eu lieu à l’encontre des regroupements de personnes dans les lieux et places publics. En Valais, la police patrouille 24h sur 24h et c'est du jamais vu.

La police "ne baissera pas la garde"

"Nous avons évidemment priorisé la gestion de cette crise et nous constatons en parallèle une forte baisse de la criminalité ainsi que dans le domaine de la circulation", souligne son porte-parole Stève Léger lundi dans La Matinale, tout en précisant: "C'est bien clair que nous ne baisserons pas la garde."

Et il n'y a pas que l'espace public qui occupe les forces de l'ordre: une augmentation des conflits conjugaux est un risque que les polices cantonales vont aussi prendre très au sérieux, relève la police neuchâteloise, de même que d'autres formes de criminalité pouvant découler de la promiscuité liée aux mesures de confinement.

>> Ecouter à ce propos l'interview d'Alexandre Brahier, porte-parole de la police genevoise:

Avec le confinement, les risques de violence conjugale augmentent.
Paco Ayala - Fotolia
La Matinale - Publié le 23 mars 2020

Le fait que la population passe plus de temps sur internet peut aussi conduire à une exposition accrue à la cybercriminalité et aux diverses formes d’incivilité en ligne.

>> Lire aussi: Pour désengorger la prison, la police genevoise traque surtout les infractions graves

Les contrevenants aux mesures amendés

Et durant le week-end, les polices de plusieurs cantons ont commencé à amender ou dénoncer les contrevenants aux mesures de prévention édictées par le Conseil fédéral.

Le canton de Vaud a ainsi procédé jusqu'à dimanche matin à 26 dénonciations pour non-respect des consignes. Dix-sept amendes d'ordre ont également été délivrées, dont douze à Lausanne. Elles concernaient des attroupements de plus de cinq personnes, essentiellement dans des parcs urbains, au centre-ville.

A Genève, la police a distribué près d'une trentaine d'amendes et de contraventions entre vendredi soir et dimanche matin. Les policiers sont intervenus à plusieurs reprises dans la nuit de samedi à dimanche dans les zones périurbaines pour disperser des groupes de jeunes.

>> Le bilan des polices cantonales après le week-end:

Nouvelle attaque de transporteurs de fonds à Daillens.
Laurent Gillieron - KEYSTONE
La Matinale - Publié le 23 mars 2020

Pierre-Etienne Joye/oang

Publié le 23 mars 2020 à 07:35 - Modifié le 23 mars 2020 à 09:07

"Les citoyens respectent les consignes"

Ce week-end, les Suisses ont globalement respecté la mesure du Conseil fédéral interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes, selon le président de la conférence des polices romandes Pascal Luthi.

"Du point de vue de la police, les nombreuses patrouilles qui ont été effectuées dans tous les cantons ont montré que commerçants et citoyens respectent les consignes. Nous nous sommes concentrés sur les quelques personnes qui malheureusement n’ont toujours pas compris l’importance de la situation, on en trouve encore ici ou là", indique le commandant neuchâtelois dans La Matinale.

Le policier l’assure: le message est en train de passer. "La police fait encore un travail pédagogique et elle a aussi commencé son travail de répression. Aujourd’hui la question n’est plus de savoir ce qui est vraiment autorisé et d’aller pinailler dans les détails. Finalement, chaque contact humain doit être évité dans cette phase-là si on veut tordre le cou à la propagation du virus."

Pascal Luthi souligne que peu d’amendes ont été distribuées à ce jour. "L’amende n’est pas l’enjeu, mais c’est vraiment de disperser, de faire comprendre et de mettre de la distance entre nous."

>> L'interview de Pascal Luthi dans La Matinale: