Modifié le 20 mars 2020 à 22:50

Face au Covid-19, les cliniques privées prêtes à soulager les hôpitaux publics

Les cliniques privées se sont réorganisées. Elles sont prêtes à s'engager aux côtés des hôpitaux publics
Les cliniques privées se sont réorganisées. Elles sont prêtes à s'engager aux côtés des hôpitaux publics 19h30 / 2 min. / le 20 mars 2020
Partage de personnel, prêt de matériel et mise à disposition de lits: face à l'afflux attendu de patients atteints du Covid-19, tous les cantons romands ont instauré une collaboration inédite avec les cliniques privées pour soulager les établissements publics.

A la clinique de Genolier (VD), on soigne traditionnellement des patients en orthopédie, en cardiologie ou encore en urologie. Mais depuis quelques jours, l'établissement compte désormais un étage spécialement dédié aux malades atteints par le Covid-19. Le premier d'entre eux a été accueilli vendredi après-midi.

"Pour l'instant, il y a quatorze chambres. Si le besoin se faisait sentir, on pourrait mobiliser d'autres étages et accueillir jusqu'à trente patients", détaille le docteur Philippe Glasson, président de la coordination médicale auprès du groupe de cliniques privées Swiss Medical Network.

"Le calme avant la tempête"

Dans son ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre le coronavirus, publiée le 13 mars dernier, le Conseil fédéral exige des établissements de santé qu'ils renoncent désormais "à tous les traitements et interventions médicaux non urgents". Depuis lors, l'activité des cliniques privées de Suisse s'est réduite drastiquement.

"Aujourd'hui, on est dans une situation de calme avant la tempête, explique Antoine Hubert, administrateur de Swiss Medical Network. Nous n'avons plus l'occasion de pratiquer nos opérations habituelles, alors nous avons libéré les capacités nécessaires pour pouvoir intervenir quand la vague arrivera."

Car l'ordonnance du Conseil fédéral précise aussi que "les cantons peuvent obliger les hôpitaux et cliniques privées à mettre leurs capacités à disposition pour accueillir des patients".

Une réelle collaboration

En Suisse romande, ce n'est pas une obligation mais plutôt une réelle collaboration qui s'est mise en place depuis le début de cette crise sanitaire sans précédent. Tous les cantons sans exception ont demandé un appui aux établissements privés pour faire face à un afflux de patients atteints du Covid-19.

Partage de personnel de soin ou de nettoyage, prêt de matériel mais surtout mise à disposition de blocs opératoires et de lits, cette mutualisation prend des formes variées.

A Genève, Adrien Bron, chef de la Direction de la santé, a notamment souligné vendredi que les cliniques privées du canton étaient prêtes à accueillir des patients si les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) étaient saturés. Environ 500 lits sont disponibles dans des départements de soins aigus.

A Fribourg, une réorganisation totale

Pour l'heure, Fribourg est l'un des cantons qui va le plus loin dans sa manière de repenser son système de santé. "On assiste à une véritable coopération entre l'hôpital public, les cliniques privées mais aussi les médecins installés en ville. Nous avons une vraie vision sanitaire", insiste Anne-Claude Demierre, conseillère d'Etat en charge de la santé.

En mains privées, la Clinique Générale va ainsi fermer ses portes temporairement et mettre son personnel à disposition de l'Hôpital fribourgeois (HFR) afin de permettre l'augmentation du nombre de lits en soins intensifs.

La réorganisation hospitalière est totale puisque dorénavant, toutes les naissances du canton seront concentrées à l'Hôpital Daler. "Il y a une approche logistique, soignante et médicale. Tout le monde est prêt à trouver des solutions pour que cela se passe bien. L'énergie est là, on va y arriver", conclut David Queloz, directeur de cet autre établissement privé.

Kevin Gertsch et Delphine Gianora

Publié le 20 mars 2020 à 20:57 - Modifié le 20 mars 2020 à 22:50