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Peine alourdie à 15 ans en Russie pour l'historien du Goulag Iouri Dmitriev

Iouri Dmitriev à sa sortie du tribunal de Petrozavodsk, lundi 27.12.2021. [Anton Vaganov - Reuters]
Youri Dmitriev, historien du Goulag, condamné à 15 ans de prison en Russie / La Matinale / 1 min. / le 28 décembre 2021
Spécialiste de la répression stalinienne, l'historien russe Iouri Dmitriev a vu lundi sa peine portée à 15 ans de détention pour des violences sexuelles à l'encontre d'une enfant. Ses partisans dénoncent depuis le début une affaire politique.

La condamnation de Iouri Dmitriev, figure de Mémorial, ONG de défense des droits humains et gardienne de la mémoire des victimes des goulags, est le premier de trois rendez-vous judiciaires en trois jours en lien avec cette organisation.

Cette condamnation alourdit de deux ans la peine prononcée en 2020 dans cette même affaire, considérée par les partisans de l'historien comme une mesure de représailles du fait de ses recherches sur les purges meurtrières de l'époque soviétique.

Des photos de sa fille adoptive en cause

Iouri Dmitriev avait été arrêté et inculpé en 2016 sur des accusations de pédopornographie, parce qu'il avait en sa possession des photos de sa fille adoptive nue.

L'historien avait assuré que ces clichés étaient destinés à suivre la croissance de la fillette et avait été acquitté en 2018. Mais après plusieurs rendez-vous en justice, il avait été condamné à 13 ans de détention.

L'ONG Mémorial menacée de liquidation

La condamnation de lundi a été prononcée par un tribunal de Petrozavodsk en Carélie, région du nord russe où Iouri Dmitriev dirigeait une antenne de Mémorial.

Cette organisation, pilier de la société civile russe depuis la chute de l'URSS, fait face à deux procès en liquidation séparés prévus devant la justice mardi et mercredi.

"J'ai honte pour ce qui se passe", a déclaré à l'AFP l'historien Anatoli Razoumov, spécialisé lui aussi dans l'étude des répressions staliniennes, en ajoutant être convaincu que Iouri Dmitriev sera réhabilité un jour.

No comment du Kremlin

Interrogé par la presse, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a pour sa part déclaré que le Kremlin ne commentait pas les décisions de la justice.

Sous Vladimir Poutine, ancien officier du KGB, l'organisation héritière des polices politiques de Lénine et Staline, l'accès aux archives d'Etat sur ces sujets a été considérablement réduit et les identités des exécutants des purges classées secrètes.

afp/oang

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