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Regain de tensions entre la Serbie et le Kosovo, sur fond de plaques d'immatriculation

Les forces spéciales de la police kosovare (ROSU) déployée près près des passages frontaliers avec la Serbie. [Bojan Slavkovic - AP Photo]
Regain de tensions entre la Serbie et le Kosovo, sur fond de plaques d'immatriculation / Le Journal horaire / 27 sec. / le 26 septembre 2021
La décision du gouvernement kosovar d'interdire l'entrée sur son territoire des véhicules munis de plaques serbes est à la source de nouvelles tensions dans la région. Tant le Kosovo que la Serbie ont renforcé leurs forces armées à la frontière.

Jusqu'à présent, les véhicules serbes pouvaient entrer librement au Kosovo. L'inverse n'était cependant pas possible. Les véhicules immatriculés RKS ou "République du Kosovo" sont en effet obligés depuis des années d'apposer des plaques serbes temporaires pour entrer en Serbie.

Désormais, Pristina a pris la décision d'imposer aux conducteurs entrant au Kosovo de remplacer leurs plaques d'immatriculation serbes par des plaques kosovares provisoires au nom du "principe de réciprocité".

Deux bureaux d'immatriculation attaqués

Cette mesure a provoqué la colère de la minorité serbe vivant au nord du Kosovo. Peu après l'annonce, plusieurs centaines d'entre eux ont bloqué les routes menant aux postes-frontières en guise de protestation. Des manifestations se sont poursuivies tout au long de la semaine et les routes sont toujours bloquées.

La contestation a pris une autre tournure samedi, lorsque deux bureaux d'immatriculation de véhicules du gouvernement kosovar ont été attaqués et endommagés dans le nord du territoire. L'un a été incendié et l'autre démoli, sans faire de victimes.

Un agent de la police spéciale kosovare patrouille vers les camions bloquant la route menant aux postes-frontières. [Bojan Slavkovic - AP Photo]Un agent de la police spéciale kosovare patrouille vers les camions bloquant la route menant aux postes-frontières. [Bojan Slavkovic - AP Photo]L'armée serbe en alerte

Pour faire appliquer sa décision, le Kosovo avait déployé lundi les forces spéciales de la police près des passages frontaliers avec la Serbie. Ce déploiement a été accueilli avec colère du côté serbe.

Dimanche, la Serbie a relevé le niveau d'alerte de son armée dans la zone frontalière, accusant son voisin de "provocations" suite au déploiement de sa police spéciale. Des avions de chasse serbes ont par ailleurs survolé plusieurs fois la zone frontalière pendant le week-end.

L'Albanie préoccupée

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté exhorté la Serbie et le Kosovo à calmer les tensions, "en retirant immédiatement les unités spéciales de la police et en démantelant les barrages sur les routes".

"Toute nouvelle provocation ou action unilatérale et non-coordonnée est inacceptable", a-t-il dit dans un communiqué.

De son côté, l'Albanie, membre de l'Otan, s'est dite "préoccupée par l'escalade de la situation" et a demandé à Belgrade "de retirer les forces armées déployées à la frontière avec le Kosovo".

Antoine Schaub avec les agences

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L'indépendance kosovare non reconnue par la Serbie

Ancienne province serbe, le Kosovo a proclamé en 2008 son indépendance mais elle n'a pas été reconnue par Belgrade, qui encourage les Serbes vivant au Kosovo -- majoritairement albanais, sauf dans le nord --, à ne pas reconnaître l'autorité de Pristina.

La Russie ne reconnaît pas non plus l'indépendance du Kosovo, contrairement à la plupart des pays occidentaux, dont les États-Unis. La Suisse a de son côté été l'un des premiers pays à reconnaître le Kosovo.

Des tensions récurrentes ont lieu dans le nord du Kosovo