Modifié le 10 novembre 2018 à 20:46

Récit des derniers jours qui ont mis un terme à la Première Guerre mondiale

Il y a 100 ans, l'armistice de la Première guerre mondiale était signée dans un wagon à Rethondes en France. Un wagon devenu symbole de paix.
Il y a 100 ans, l'armistice de la Première guerre mondiale était signée dans un wagon à Rethondes en France. Un wagon devenu symbole de paix. 19h30 / 2 min. / le 10 novembre 2018
Le 11 novembre 1918, à 11h, le cessez-le-feu de la Première Guerre mondiale était sonné. Retour sur les jours qui ont précédé cet armistice historique qui a mis fin à quatre ans de conflit sanglant.

Le 11e jour du 11e mois de 1918, à 11h, a sonné l'armistice. La Première Guerre mondiale, enclenchée en 1914, s'achève. Le résultat d'un long processus.

>> Lire aussi: Votre aïeul suisse a-t-il combattu dans les tranchées en 1916?

Le document de l'armistice, qui mit fin à la Première guerre mondiale, signé le 11 novembre 1918. Le document de l'armistice, qui mit fin à la Première guerre mondiale, signé le 11 novembre 1918. [Keystone]

4 octobre 1918

Le prince Max von Baden, chancelier allemand, envoie un télégraphe au président américain Thomas Woodrow Wilson. Son pays est prêt à négocier. Les Alliés exigent une reddition de l’empereur Guillaume II de Hohenzollern.

3 novembre

L’Autriche-Hongrie capitule, accélérant le processus. Deux jours plus tard, l'ordre est donné de laisser passer une délégation diplomatique allemande.

7 novembre

20h30 : premier cessez-le-feu depuis 1914, sonné à La Capelle, dans le nord de la France. Une délégation allemande franchit les lignes alliées.

Les voitures de la délégation de diplomates allemands, en route pour demander l'armistice le 7 novembre 1918. Les voitures de la délégation de diplomates allemands, en route pour demander l'armistice le 7 novembre 1918. [AFP]

Elle est accompagnée jusqu'à la gare de Tergnier (Aisne) où elle monte dans un train pour la clairière de Rethondes à Compiègne (Oise), en pleine forêt. Le train du maréchal Ferdinand Foch les y attend.

8 novembre

9h00 : le maréchal reçoit la délégation allemande dans son wagon, une voiture-restaurant réaménagée. "Demandez-vous l'armistice ?" Les Allemands envoient un courrier à leur commandant en chef, le maréchal Paul von Hindenburg, posté à Spa, en Belgique.

9 novembre

Le Kaiser Guillaume II de Hohenzollern abdique. La République allemande est proclamée.

Portrait de l'empereur allemand et roi de Prusse Guillaume II de Hohenzollern en 1918. Portrait de l'empereur allemand et roi de Prusse Guillaume II de Hohenzollern en 1918. [AFP]

10 novembre

L’autorisation de signer l’armistice parvient à la délégation à Rethondes dans la soirée. Sont entamées dans la nuit des négociations sur les 34 articles de la convention d'armistice, qui est ensuite traduite.

11 novembre

5h20 : l’armistice est signé. Il doit prendre effet à 11h.

10h55 : le soldat Augustin Trébuchon, du 415e régiment d'infanterie, est tué sur les bords de la Meuse. C'est probablement le dernier mort français sur le front occidental.

11h00 : au même endroit, le soldat Octave Delaluque, clairon également au 415e régiment d'infanterie, sonne les treize notes du cessez-le-feu. De la mer du Nord à Verdun, clairons alliés et bugles allemands relaient la sonnerie tant attendue. Peu à peu, les soldats, encore abasourdis, sortent des tranchées.

Scènes de Liesse

Dans les 36'000 communes françaises, du moins dans celles qui n'ont pas été détruites par les combats, les cloches sonnent à toute volée. Les centaines de milliers de veuves et d'orphelins ne participent pourtant pas à cette liesse.

Célébration de l'armistice du 11 novembre 1918 sur les Grands Boulevards, à Paris. Célébration de l'armistice du 11 novembre 1918 sur les Grands Boulevards, à Paris. [AFP]

La population descend dans les rues de Paris, en France, pour célébrer la signature de l'armistice le 11 novembre 1918. La population descend dans les rues de Paris, en France, pour célébrer la signature de l'armistice le 11 novembre 1918. [Keystone]

Dans les capitales alliées, les civils envahissent les rues en liesse. Piccadilly Circus à Londres, la 5e avenue à New York, la piazza Venezia à Rome sont noirs de monde.

Scènes de liesse en Angleterre, devant le Palais de Buckingham à Londres, après la signature de l'armistice. Scènes de liesse en Angleterre, devant le Palais de Buckingham à Londres, après la signature de l'armistice. [Keystone] La population célébre l'armistice de 1918 dans les rues de Londres, en Angleterre. La population célébre l'armistice de 1918 dans les rues de Londres, en Angleterre. [AFP]

A Saint-Nazaire, à Brest, au Havre, les fantassins américains récemment débarqués défilent sous leurs drapeaux et attendent le moment de repartir.

Des soldats américains, qui ont combattu sur le front français, célébrent la signature de l'armistice en 1918. Des soldats américains, qui ont combattu sur le front français, célébrent la signature de l'armistice en 1918. [Keystone]

"Coup de poignard dans le dos"

En Allemagne, dont le sol est resté inviolé durant tout le conflit, le soulagement s'accompagne pour beaucoup d'un sentiment d'humiliation.

Défection de soldats allemands à Berlin quelques jours avant l'armistice de 1918. Des troupes à Hambourg et à Kiel ont refusé d'obéir à leur hiérarchie. Défection de soldats allemands à Berlin quelques jours avant l'armistice de 1918. Des troupes à Hambourg et à Kiel ont refusé d'obéir à leur hiérarchie. [AFP]

Les généraux allemands Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg attribuent la défaite militaire à un "coup de poignard dans le dos" de politiciens et de "bourgeois cosmopolites".

Une pile de casques de l'armée allemande sur la place de la Concorde, pour symboliser la victoire après l'armistice de 1918. Une pile de casques de l'armée allemande sur la place de la Concorde, pour symboliser la victoire après l'armistice de 1918. [AFP]

L'expression sera reprise à l'envi par les partis ultranationalistes, dont le parti nazi.

Mouna Hussain avec AFP

Publié le 10 novembre 2018 à 09:33 - Modifié le 10 novembre 2018 à 20:46