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Des enregistrements font penser que le journaliste saoudien a été torturé

Une photo de Jamal Khashoggi brandie lors d'une manifestation à Washington cette semaine. [AP Photo/Jacquelyn Martin - Keystone]
Une photo de Jamal Khashoggi brandie lors d'une manifestation à Washington cette semaine. [AP Photo/Jacquelyn Martin - Keystone]
L'enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a révélé l'existence d'enregistrements effectués par sa montre connectée qui laissent supposer qu'il a été torturé et tué, rapporte samedi le quotidien turc Sabah.

Jamal Khashoggi n'a pas donné signe de vie depuis qu'il s'est rendu au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre dernier. Sa fiancée, qui l'attendait à l'extérieur, assure qu'il n'en est pas ressorti et, selon des sources proches des services de sécurité turcs, il y a été tué par une équipe d'une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays.

Ryad, qui a accepté de participer à l'enquête et une délégation saoudienne est arrivée vendredi en Turquie, a démenti cette information, la jugeant "infondée".

>> Lire aussi: La presse saoudienne veut discréditer la fiancée du journaliste disparu

Enregistrements sur une montre connectée

"Les moments où Khashoggi a été interrogé, torturé et assassiné ont été enregistrés dans la mémoire de l'Apple Watch", écrit l'auteur de l'article de Sabah, précisant que la montre était synchronisée avec son iPhone, qu'il a confié à sa fiancée avant d'entrer au consulat.

Deux hauts fonctionnaires turcs avaient déjà indiqué à Reuters que Khashoggi portait une montre Apple connectée à un téléphone portable qu'il avait laissé à l'extérieur. Selon Sabah, qui cite "des sources fiables appartenant à un service de renseignements spécial", le journaliste a activé la fonction d'enregistrement de sa montre avant d'entrer au consulat.

Des membres des services de renseignements saoudiens s'en sont rendus compte après sa mort et ont utilisé ses empreintes digitales pour supprimer certains fichiers, mais d'autres ont pu être récupérés sur son téléphone, poursuit-il.

Série d'articles critiques

Jamal Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis il y a un an, craignant que ses opinions ne lui valent des représailles. Il a quitté l'Arabie en septembre 2017 quand les autorités l'ont sommé de cesser de s'exprimer sur Twitter.

Au cours de l'année écoulée, il a écrit une série d'articles publiés par le Washington Post, dans lesquels il dénonçait l'attitude de Ryad à l'égard du Qatar et s'indignait de la guerre au Yémen, de la répression politique ou de la censure.

>> Ecoutez l'analyse du journaliste Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen-Orient, dans l'émission Forum:

Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, co-auteur avec Christian Chesnot de «Les Chemins de Damas. Le dossier noir de la relation franco-syrienne» (Robert Laffont, 2014). [DR]DR
L'Arabie Saoudite bientôt lâchée par ses partenaires occidentaux? Interview de Georges Malbrunot / Forum / 6 min. / le 11 octobre 2018

reuters/boi

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Donald Trump menace Ryad

Le président américain Donald Trump a estimé que l'Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition à Istanbul de Jamal Khashoggi, la menaçant dans ce cas d'"un châtiment sévère".

"Pour l'instant, ils (les Saoudiens, ndlr) démentent (leur implication) et la démentent vigoureusement. Est-ce que ça pourrait être eux? Oui", a dit Donald Trump dans un entretien avec la chaîne de télévision CBS, enregistré jeudi et diffusé samedi.