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La Turquie ne parvient pas à enrayer la chute de sa monnaie nationale

En Turquie, le président Erdogan accuse Washington de complot
En Turquie, le président Erdogan accuse Washington de complot / 19h30 / 2 min. / le 13 août 2018
La Turquie n'est pas parvenue lundi à stopper l'effondrement de sa monnaie alimenté par l'aggravation d'une crise diplomatique avec les Etats-Unis, accusés par le président Recep Tayyip Erdogan de vouloir "frapper dans le dos" son pays.

Dans l'espoir de rassurer les marchés, la banque centrale de Turquie a annoncé lundi qu'elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auraient besoin et prendrait les "mesures nécessaires" pour assurer la stabilité financière.

Mais l'impact de cette annonce s'est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a accusé les Etats-Unis de vouloir "frapper dans le dos" la Turquie, provoquant un plongeon de la livre qui illustre l'inquiétude des marchés face à ces tensions diplomatiques.

"Vendredi noir"

La livre, qui a perdu cette année plus de 40% de sa valeur face au dollar et à l'euro, s'est effondrée vendredi après un tweet ravageur de Donald Trump, faisant souffler un vent de panique sur les places boursières qui redoutent un effet de contagion de la crise turque.

Gagnées par l'onde de choc de ce "Vendredi noir", qui a vu la livre perdre quelque 16% de sa valeur face au billet vert, les Bourses de Tokyo et de Hong Kong ont fortement baissé lundi. Les principales places européennes, déjà affectées vendredi, restaient fébriles.

Sous la barre des sept pour un dollar

La livre, qui a pour la première fois franchi lundi la barre des sept pour un dollar, s'échangeait à 6,89 en début de soirée, soit une chute de plus de 6,7% sur la journée.

Après la panique de vendredi, la banque centrale a voulu rassurer lundi en annonçant plusieurs mesures.

Elle a notamment révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, afin d'éviter tout problème de liquidités, et fait savoir qu'environ 10 milliards de livres, six milliards de dollars et l'équivalent de trois milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier.

Pasteur américain en détention

Les tensions entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan, sont allées crescendo ces derniers jours, entre déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium turcs.

Au coeur de cette bataille figure le sort d'un pasteur américain, actuellement jugé en Turquie pour "terrorisme" et "espionnage". Andrew Brunson avait été placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention.

Une économie turque très fragile

Les raisons de la crise sont pourtant plus profondes, et liées à des problèmes structurels de l'économie turque. Sur le plateau du 19h30, Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements SYZ Asset Management, pointe du doigt l'inaction de la banque centrale face à l'inflation qui monte depuis deux ans dans le pays.

"Comme la banque centrale n'a quasi rien fait jusqu'à ces derniers mois, elle n'est plus crédible pour gérer l'inflation et a cassé la confiance des investisseurs étrangers", explique-t-il.

Cette crise monétaire a un effet domino sur les marchés des pays émergents comme l'Argentine et l'Afrique du Sud. "Les marchés européens sont moins fragiles. Il y a un risque de contagion, mais il reste quand même assez circonscrit", estime Fabrizio Quirighetti.

>> Voir les explications de Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements SYZ Asset Management :

Economie Turque: les précisions de Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements SYZ Asset management
Economie turque: les précisions de Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements SYZ Asset management / 19h30 / 2 min. / le 13 août 2018

agences/ta/kkub

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Le franc se raffermit encore face à l'euro

Le franc a continué lundi de se raffermir face à l'euro, dans un contexte de crise en Turquie qui effrayait les investisseurs par son risque de contagion vers l'Europe. Les valeurs refuges, principalement le dollar mais aussi la devise helvétique, restaient recherchées.

Après être passée dans la matinée sous la barre des 1,13, à 1,1287 euro-franc, la paire de devises s'est quelque peu relâchée. Sur le coup de 17h40, elle s'échangeait à 1,1335 franc pour un euro, contre 1,1415 vendredi à la mi-journée.

La situation sur le marché des devises ne devrait pas se normaliser de sitôt, selon les experts.