Modifié lundi à 11:29

Monsanto condamné à payer 288 millions aux USA à cause du Roundup

A l'origine du litige, un herbicide à base de glyphosate commercialisé par Monsanto, "Roundup", que le plaignant, atteint d'un cancer en phase terminale, a vaporisé pendant plusieurs années.
A l'origine du litige, un herbicide à base de glyphosate commercialisé par Monsanto, "Roundup", que le plaignant, atteint d'un cancer en phase terminale, a vaporisé pendant plusieurs années. [Jeff Roberson - Keystone]
Un jury californien a condamné le géant de l'agrochimie américain Monsanto à verser 288 millions de francs à un jardinier qui accuse le Roundup, son herbicide à base de glyphosate, d'être la cause de son cancer.

Les jurés ont estimé que Monsanto avait agi avec "malveillance" et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient "considérablement" contribué à la maladie du plaignant, Dewayne Johnson.

Cet Américain de 46 ans est atteint d'un cancer en phase terminale après avoir vaporisé du Roundup pendant plusieurs années.

Le groupe annonce vouloir faire appel

Il a fallu trois jours aux jurés de la Cour supérieure de Californie pour annoncer leur décision. Ils reprochent notamment à Monsanto de ne pas avoir averti les utilisateurs du Roundup de ses risques sanitaires.

Mais Monsanto, dont le groupe allemand Bayer vient de boucler le rachat pour 62,5 milliards de dollars et qui est confronté à plus de 5000 procédures similaires aux Etats-Unis, a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision.

>> Ecouter les explications de Stéphane Foucart, journaliste au Monde et co-auteur de l'enquête "Monsanto Papers":

Monsanto se trouve en pleine restructuration.
AP Photo/Seth Perlman - Keystone
Forum - Publié le 11 août 2018

"Le jury a eu tort"

"Le jury a eu tort", a répliqué le vice-président de Monsanto Scott Partridge devant le tribunal. L'entreprise a répété l'idée que le glyphosate, principe actif du Roundup, ne cause pas le cancer et n'est pas responsable de la maladie du plaignant.

"Nous exprimons notre sympathie à M.Johnson et à sa famille. La décision d'aujourd'hui ne change pas le fait que 800 études scientifiques et les conclusions de l'agence américaine de la protection de l'environnement (EPA), des instituts nationaux pour la santé et des autres autorités de régulation à travers le monde soutiennent que le glyphosate ne cause pas de cancer", affirme le groupe.

Son herbicide vedette lancé en 1976 contient du glyphosate, substance qui fait toutefois l'objet d'études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène.

>> Lire aussi: Dangerosité, usage, alternatives: les principaux enjeux liés au glyphosate

agences/nn

Publié le 11 août 2018 - Modifié lundi à 11:29

Pas d'interdiction dans l'UE et en Suisse

Pour rappel, les pays de l'Union européenne ont voté de justesse en novembre en faveur du renouvellement pour cinq ans de l'autorisation de l'herbicide.

En Suisse, le Conseil fédéral a estimé en mai qu'il n'y a toujours pas de raison d'interdire le glyphosate.

Utilisée par les agriculteurs depuis plus de quarante ans, cette substance représente 25% du marché mondial des herbicides.