Modifié le 29 mai 2018 à 07:44

"L'Arabie saoudite veut refermer la page de 1979 et s'ouvrir au monde"

Le siège de La Mecque
L'islam (5/5) Histoire vivante / 30 min. / le 25 mai 2018
Des cinémas qui rouvrent, des femmes bientôt autorisées à conduire: l'Arabie saoudite s'émancipe peu à peu sous l'impulsion du nouveau prince héritier Mohammed ben Salmane. Le début de la fin d'une époque?

"Il y a aujourd'hui une nécessité pour l'Arabie saoudite de penser l'après-pétrole. Dans ses discours, Mohammed ben Salmane fait référence à 1979 comme un tournant dont il faut refermer la page. Il veut revenir à une forme d'ouverture, repenser la société d'une façon qui soit viable", indique Pascal Verroust, producteur du documentaire "Le siège de La Mecque", diffusé par la RTS.

Pour lui, "aujourd'hui, on vit les conséquences de ce qui s'est passé en 1979".

Une prises d'otages record

Le 20 novembre 1979, à 05h30, un groupe d'islamistes radicalisés, lourdement armés, envahit la Grande Mosquée de La Mecque alors que plus de 50'000 pèlerins s'y trouvent. Des centaines de personnes sont retenues en otage. Il faudra dix jours aux autorités saoudiennes, et l'aide de la France, pour reprendre le contrôle du sanctuaire le plus saint de l'islam.

>> Voir "Le siège de La Mecque" en ligne jusqu'au 26 juin 2018

Le siège de La Mecque 

En frappant la Grande Mosquée, le prédicateur bédouin Juhayman al-Utaybi vise surtout le gouvernement des al-Saoud qu'il tient pour responsable des "déviances de la religion" qu'il déplore. Par "déviances de la religion", il entend l'américanisation de la société saoudienne sous l'effet de l'argent du pétrole qui -depuis les années 1960- crée des inégalités et divise le royaume.

Si, en 1979, les islamistes perdent "la bataille" de La Mecque, Juhayman al-Utaybi et ses ouailles réussissent à imposer les principes d'un Etat islamique au royaume qui est, depuis, l'un des régimes les plus conservateurs au monde.

Les principes d'un Etat islamique

C'est sur cet événement historique "oublié" des Saoudiens que le cinéaste allemand Dirk van den Berg se penche dans son film de 50 minutes construit à partir d'archives inédites et de témoignages contemporains.

"Le siège de La Mecque marque le retour du religieux dans le politique. C'est un événement fondateur du terrorisme fondamentaliste tel qu'on le connaît aujourd'hui", conclut Pascal Verroust interrogé par l'émission Histoire vivante.

La nécessité de produire le film de Dirk van den Berg lui est apparue, dit-il, au lendemain de la prise d'otages à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. "Mes enfants me demandaient qui étaient ces hommes et pourquoi ils voulaient tuer des gens".

Propos recueillis par Jean Leclerc

Adaptation web: Juliette Galeazzi

* "Le siège de La Mecque" diffusé dimanche 27 mai à 20h35 sur RTS Deux

Publié le 27 mai 2018 à 11:11 - Modifié le 29 mai 2018 à 07:44