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Moscou insinue que Londres pourrait être derrière l'affaire Skripal

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. [Sergei Chirikov - Keystone/EPA]
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. [Sergei Chirikov - Keystone/EPA]
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insinué lundi que Londres pourrait être derrière l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal. L'affaire est à l'origine d'une vague historique d'expulsions de diplomates.

Au moment où des dizaines de diplomates russes à l'étranger ou étrangers à Moscou finissent de faire leurs bagages, Sergueï Lavrov a estimé que l'empoisonnement "pouvait être dans l'intérêt du gouvernement britannique, qui s'est trouvé dans une position inconfortable en étant dans l'incapacité de remplir ses promesses faites aux électeurs sur les conditions du Brexit".

"Cela pouvait aussi être dans l'intérêt des services spéciaux britanniques, qui sont connus pour leur capacité à agir avec permis de tuer", a-t-il ajouté. Selon lui, Moscou n'avait aucune raison à la veille de la présidentielle et à quelques mois du Mondial de football en Russie d'empoisonner l'ex-agent double.

Malgré ces dénégations, Londres estime de son côté que la responsabilité de Moscou dans cet empoisonnement à l'aide d'un agent innervant est "la seule explication plausible".

"Mort immédiate"

Sergueï Lavrov a également souligné lundi qu'une "attaque sophistiquée" sur Sergueï Skripal telle qu'aurait pu mener un pays comme la Russie aurait abouti à une "mort immédiate" de la personne visée. Or l'ex-espion de 66 ans a survécu et reste hospitalisé dans un état critique mais stable.

Sergueï Skripal a été empoisonné avec sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, en Angleterre, avec un agent innervant issu, selon les autorités britanniques, d'un programme chimique nucléaire soviétique. L'état de sa fille s'améliore "rapidement", selon l'hôpital de Salisbury où elle est soignée. Et Londres a indiqué samedi étudier la demande de la Russie d'obtenir un accès consulaire.

afp/ebz

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Départs jusqu'à la fin de la journée

L'affaire Skripal a provoqué entre Moscou et l'Occident une des pires crises diplomatiques de ces dernières années. Au total, le Royaume-Uni et ses alliés, notamment de l'Union européenne et de l'Otan, ont annoncé plus de 150 expulsions de diplomates russes de leurs territoires. Londres a également annoncé le gel des relations bilatérales.

La Russie a riposté par des mesures identiques envers un nombre équivalent de diplomates de ces États. Elle a convoqué vendredi les ambassadeurs de 23 pays pour les leur signifier.

Dimanche, deux avions transportant les 60 diplomates russes expulsés des Etats-Unis et leurs familles ont atterri à l'aéroport moscovite de Vnoukovo, selon des images de la télévision russe. Les derniers diplomates russes n'ayant pas encore quitté les pays, dans lesquels ils ont été déclarés personae non gratae, ont jusqu'à la fin de la journée de lundi pour le faire.