Modifié le 25 mars 2018 à 20:25

Erdogan affirme que les opérations ont commencé à Sinjar, l'Irak dément

Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'opération en Irak lors d'un déplacement dans la province de Trabzon.
Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'opération en Irak lors d'un déplacement dans la province de Trabzon. [Kayhan Ozer - AP/Keystone]
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a assuré dimanche que l'armée turque avait entamé ses opérations dans le secteur de Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, où elle avait menacé de lancer une incursion

"Nous avions dit que nous irions jusqu'à Sinjar. Les opérations ont commencé là-bas maintenant. Le combat est intérieur et extérieur", a annoncé le chef de l'Etat. Il n'a pas donné de précisions sur les opérations auxquelles il faisait allusion.

"Le commandement des opérations a confirmé que la situation dans les provinces de Ninive, Sindjar et dans les zones frontalières était sous le contrôle des forces de sécurité irakiennes et il n'y a aucune raison que des troupes franchissent la frontière irakienne vers ces régions", a déclaré l'armée irakienne dans un communiqué, démentant les affirmations de Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources à Sinjar, aucune activité militaire inhabituelle n'a été constatée dans le secteur dimanche.

Le PKK au secours des Yazidis face à l'EI

Vendredi, des sources dans le nord de l'Irak ont indiqué que les activistes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) allaient se retirer de Sinjar, où ils se sont implantés en 2014 après s'être portés au secours de la minorité des Yazidis, alors attaquée par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Les séparatistes du PKK, que la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis considèrent comme une organisation terroriste, disposent depuis des décennies de bases arrière dans les montagnes de Qandil, dans le nord de l'Irak, non loin de la frontière avec l'Iran.

reuters/mre

Publié le 25 mars 2018 à 19:33 - Modifié le 25 mars 2018 à 20:25

Erdogan veut poursuivre les YPG jusqu'à Tel Rifaat

L'armée turque et des rebelles syriens pro-turcs ont pris le contrôle ce mois-ci de la poche d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, qui était tenue par les milices kurdes syriennes des YPG (Unités de protection du peuple), considérées par Ankara comme le prolongement syrien du PKK.

Erdogan s'est engagé à poursuivre les opérations militaires le long de la frontière syrienne et il a déclaré dimanche que les forces sous conduite turque allaient prendre le contrôle de la ville de Tel Rifaat. Nombre de civils et de miliciens YPG se sont rassemblés dans Tel Rifaat, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Alep, et aux abords et cette ville, après la prise d'Afrin par les Turcs.

Les Nations unies déclaraient ces derniers jours que 75'000 personnes avaient fui l'enclave d'Afrin et trouvé refuge dans le secteur de Tel Rifaat, et disaient s'attendre à la poursuite de cet exode.