Modifié

Le Kenya pleure le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle, décédé mardi

Sudan, dernier rhinocéros blanc du Nord mâle, est mort au Kenya. [STR - AP/Keystone]
La mort du dernier rhinocéros blanc du Nord signe la fin de cette sous-espèce / Le 12h30 / 1 min. / le 20 mars 2018
Dernier mâle vivant des rhinocéros blancs du Nord, Sudan, est mort mardi au Kenya à l'âge de 45 ans. Son décès signe probablement l'extinction de cette sous-espèce, dont il ne reste plus que deux femelles.

L'animal a été euthanasié par les vétérinaires pour abréger ses souffrances. Sudan était de retour sur ses terres africaines au Kenya depuis dix ans, entouré de rangers 24 heures sur 24 pour assurer sa protection. Il avait passé auparavant plus de 30 ans dans un zoo en République tchèque. Loin de son milieu naturel depuis trop longtemps, il luttait contre une santé fragile.

Corne de rhinocéros prisée en Asie

La disparition des rhinocéros blancs du Nord est le résultat du braconnage qui sévit depuis les années 1960 en Afrique. A cette époque, le continent en comptait encore plus de 2000 spécimens. Vingt ans plus tard, ils n’étaient plus que quinze.

En cause: les nombreux conflits en Afrique centrale, laissant le champ libre aux criminels. Car la corne de rhinocéros est prisée par les Chinois et les Vietnamiens pour ses prétendues vertus médicinales.

Aujourd’hui, deux femelles vivent encore dans la réserve d’Ol Pejeta au nord du Kenya. Mais les tentatives d'accouplement ont toutes échoué, Najin et sa fille Fatu étant toutes les deux stériles.

La fécondation in vitro comme dernier espoir

Un ultime espoir réside en de futures fécondations in vitro grâce au matériel génétique du mâle et aux ovules des deux femelles. Des bébés éprouvette rhinocéros seraient alors implantés dans une mère porteuse de l'autre sous-espèce des rhinocéros blancs du Sud. Mais les rhinocéros blancs du Nord sont sans doute voués à l’extinction.

Reste à sauver leurs cousins, car plus que jamais le trafic des cornes de rhinocéros menace l’espèce toute entière.

Charlotte Simonart/oang

Publié Modifié