Modifié le 09 mars 2018 à 21:12

Entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, plus de 70 ans de tensions

Corée du Nord - Etats-Unis: histoire d'un long bras de fer
Corée du Nord - Etats-Unis: histoire d'un long bras de fer 19h30 / 2 min. / le 09 mars 2018
Les Etats-Unis et la Corée du Nord, qui ont entériné jeudi le principe d'une rencontre entre leurs présidents, ont connu depuis la Guerre de Corée des relations marquées par de vives tensions. Chronologie des faits marquants.

Deux soldats américains au front lors de la Guerre de Corée. Deux soldats américains au front lors de la Guerre de Corée. [U.S. Army - Keystone] - En 1945, l'occupation nippone de la péninsule coréenne prend fin avec la défaite du Japon à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. La Corée est divisée selon le 38e parallèle entre un Nord soutenu par les Soviétiques, qui placent Kim Il-Sung à son pouvoir, et un Sud protégé par les Etats-Unis.

- En juin 1950, la Corée du Nord envahit le Sud, avec le soutien de la Chine et de l'URSS. Une  coalition emmenée par les Etats-Unis reprend Séoul moins d'un an plus tard. En juillet 1953, un armistice, jamais transformé en accord de paix, est signé et Washington impose des sanctions à la Corée du Nord.

- En janvier 1968, l'USS Pueblo, un "navire espion" américain, est capturé par la Corée du Nord. Après onze mois de détention, les 83 membres d'équipage américains sont libérés. Selon Pyongyang, le navire avait violé ses eaux territoriales, ce que les Etats-Unis ont nié.

Regain de tension sous Georges W. Bush

Jimmy Carter et son épouse Rosalynn, à droite de la photo, lors de lors visite en Corée du Nord en 1994. Jimmy Carter et son épouse Rosalynn, à droite de la photo, lors de lors visite en Corée du Nord en 1994. [Choo Youn-Kong - AFP] - En juin 1994, l'ex-président démocrate américain (1977-1981) Jimmy Carter effectue un voyage inédit en Corée du Nord.

- En octobre 1994, trois mois après le décès de Kim Il-Sung auquel succède son fils Kim Jong-Il, Pyongyang et Washington signent un accord bilatéral. La Corée du Nord s'engage à geler et démanteler son programme nucléaire militaire en échange de la construction de réacteurs civils.

- En 1999, un an après le premier tir de missile balistique à longue portée, Kim Jong-Il décrète un moratoire sur les essais de missiles. Les Etats-Unis allègent leurs sanctions.

- En janvier 2002, le président américain George W. Bush qualifie la Corée du Nord, avec l'Irak et l'Iran, de pays de l'"Axe du mal". En octobre, Washington accuse Pyongyang de conduire un programme secret d'uranium hautement enrichi, violant ainsi l'accord de 1994.

- En août 2004, la Corée du Nord déclare qu'il lui est "impossible" de participer à de nouvelles négociations sur son programme nucléaire avec les Etats-Unis, traitant le président Bush de "tyran" pire qu'Hitler et d'"imbécile politique".

- En 2006, la Corée du Nord lance son premier essai nucléaire.

- En octobre 2008, les Etats-Unis retirent la Corée du Nord de leur liste des Etats soutenant le terrorisme en échange du contrôle de "toutes les installations nucléaires" du régime communiste. Pyongyang figurait depuis 1988 sur cette liste noire en raison de son implication présumée dans la destruction d'un avion de ligne sud-coréen en 1987 ayant fait 115 morts.

- En janvier 2016, un étudiant américain, Otto Warmbier, est arrêté puis condamné à 15 ans de travaux forcés pour le vol d'une affiche de propagande. Il est décédé en juin 2017, une semaine après avoir été rapatrié dans le coma.

L'ère Donald Trump

Le président nord-coréen Kim Jong-Un, lors de la visite d'une base militaire (image non-datée). Le président nord-coréen Kim Jong-Un, lors de la visite d'une base militaire (image non-datée). [KCNA - Reuters] - Le 2 janvier 2017, Donald Trump - quelques jours avant son investiture à la Maison Blanche affirme que la Corée du Nord ne sera jamais en mesure de développer une "arme nucléaire capable d'atteindre le territoire américain".

En juillet, la Corée du Nord procède à deux tirs de missile intercontinental: "Tout le territoire américain est à notre portée", déclare Kim Jong-Un, fils cadet de Kim Jong-Il, qui a succédé à son père après son décès en décembre 2011.

- Le 8 août 2017, Donald Trump promet le "feu et la colère" sur le Nord, trois semaines avant que Pyongyang envoie un missile balistique au-dessus du Japon.

- Le 3 septembre 2017, les Nord-Coréens réalisent leur sixième essai nucléaire. Après avoir menacé devant l'ONU de "détruire totalement" la Corée du Nord, Donald Trump qualifie son dirigeant d'"homme-fusée" embarqué dans une "mission suicide".

- Le président américain fait voler le 23 septembre 2017 des bombardiers près des côtes nord-coréennes. Une réponse à l'éventualité émise par Pyongyang d'un essai nucléaire dans le Pacifique. Réplique immédiate de la Corée du Nord qui menace d'abattre les avions à l'avenir et accuse Donald Trump de lui avoir "déclaré la guerre".

- Le 26 septembre 2017, Washington sanctionne 8 banques nord-coréennes et 26 ressortissants accusés d'alimenter financièrement le développement du programme nucléaire de la Corée du Nord.

- En février 2018, les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, marquent un rapprochement soudain des deux Corées et des émissaires des deux pays se rencontrent à Pyongyang. Avec le conseiller à la Sécurité de la présidence sud-coréenne, Chung Eui-Yong, Kim Jong-Un évoque la possibilité d'un "dialogue franc" avec les Etats-Unis pour discuter de la dénucléarisation et assure qu'il suspendra tout essai nucléaire ou de missile pendant ces discussions.

- Le 8 mars 2018, lors d'une visite à la Maison Blanche, Chung Eui-yong annonce que Kim Jong-Un a invité le président Trump à une rencontre d'ici mai. La présidence américaine confirme que Donald Trump a accepté cette invitation, tout en assurant que le régime de sanctions maximales mis en place depuis son investiture resteraient en place.

>> Lire aussi: Donald Trump accepte une rencontre historique avec Kim Jong-un

kg avec agences

Publié le 09 mars 2018 à 12:12 - Modifié le 09 mars 2018 à 21:12