Modifié le 15 février 2018 à 16:16

L'OMS révise des pratiques sur l'accouchement datant des années 50

La plupart des femmes ne souhaitent pas une intervention médicale - injection d'ocytocine ou césarienne - durant l'accouchement, selon l'OMS.
La plupart des femmes ne souhaitent pas une intervention médicale - injection d'ocytocine ou césarienne - durant l'accouchement, selon l'OMS. [Attila Balazs - EPA/Keystone]
La dilatation du col de l'utérus à au moins un centimètre par heure n'est plus pertinente, selon l'OMS, qui émet des recommandations pour réduire les interventions inutiles pendant les accouchements, en hausse depuis 20 ans.

La règle d'un centimètre par heure, mise en oeuvre depuis "les années 1950" dans le monde entier, constitue l'une des raisons de cette augmentation, a affirmé devant la presse un responsable médical de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Olufemi Oladapo.

Mais les preuves scientifiques montrent désormais que ce facteur ne peut à lui seul décider d'une anormalité d'un accouchement et provoquer des interventions médicales.

Observer la mère et l'enfant

L'OMS ne fixe pas de nouveau seuil mais recommande plutôt de suivre les conditions de la mère et du bébé. Elle considère malgré tout que la première phase d'un accouchement devrait durer au maximum 12 heures pour un premier bébé et 10 heures pour les suivants.

Aussi longtemps que la situation "avance" dans ce calendrier et qu'aucune complication n'est observée, "il ne devrait pas y avoir de raison de mener des interventions", selon Olufemi Oladapo.

ats/kkub

Publié le 15 février 2018 à 13:09 - Modifié le 15 février 2018 à 16:16

"Redonner du pouvoir aux femmes"

Olufemi Oladapo estime que la nouvelle recommandation doit aussi permettre aux médecins de se "protéger" d'éventuelles poursuites. L'OMS elle-même ne redoute pas de procès en cas de décès d'un bébé dans un cas où le rythme aurait été plus lent que celui en vigueur jusqu'à présent.

Comme elle veut "redonner un peu de pouvoir à la femme" dans le processus en demandant de l'associer à chaque décision, un tel scénario est "moins probable", a dit de son côté le coordinateur de la santé reproductive à l'OMS. Parmi les 56 recommandations, 30 reprennent des principes existants et 26 sont nouvelles.

L'OMS demande notamment de garantir la possibilité pour les femmes de décider comment affronter leur douleur ou quelles positions elles souhaitent pendant l'accouchement. Ou encore du rythme de la poussée.