Modifié le 12 février 2018 à 12:26

Le Cap risque d'être la première grande ville à manquer d'eau potable

Cap Town sera la première ville à subir une pénurie d'eau.
Reportage au Cap qui risque d'être la première grande ville à sec Tout un monde / 5 min. / le 12 février 2018
Alors que deux milliards de personnes souffrent du manque d'eau potable, la situation menace maintenant les grands centres urbains. Sao Paulo, Pékin, Moscou, Londres, Tokyo, Miami et surtout Le Cap sont les prochaines grandes villes susceptibles d'être à sec.

Ainsi au Cap, en Afrique du Sud, les habitants sont rationnés à 50 litres par jour depuis le début du mois, et en mai, les robinets risquent d'être coupés. Les 5 barrages qui approvisionnent la ville sont bientôt à sec et depuis trois ans, il ne pleut plus assez au Cap.

La date prévue pour le "jour zéro" (quand les robinets seront à sec) est le 11 mai. Mais elle change en fonction du niveau des barrages: ceux-ci sont actuellement remplis à 25%, quand ils atteindront 13%, l’eau sera coupée, a expliqué Ian Neilson, le maire-adjoint du Cap dans l'émission de la RTS Tout un monde:

"Il y a aura 200 points de distribution d’eau, avec chacun entre 50 et 200 robinets. Les gens pourront venir chercher de l’eau pendant 12 heures par jour. On espère que cela permettra de réduire la consommation à un niveau qui nous permettra de traverser la saison des pluies et ensuite, les barrages devraient à nouveau être remplis".

Les gens pourront venir chercher de l’eau pendant 12 heures par jour

Ian Neilson, maire-adjoint du Cap

Eau pour les touristes

L’eau sera toutefois maintenue dans le quartier industriel et le centre-ville où loge le million et demi de touristes qui visitent le Cap chaque année. Mais ceux qui se trouvent en dehors craignent le pire, comme Leon Adams, manager d'un immeuble de 134 appartements.

"Quand ce sera le "jour zéro", cet immeuble va fermer. 60% des appartements sont des locations Airbnb. Les touristes ne viendront pas et les propriétaires vont perdre des revenus".

Pour forcer les habitants à économiser le précieux liquide, le prix de l’eau a fortement augmenté. La ville a également réalisé dans l'urgence un forage dans la nappe phréatique.

Depuis 2002, des rapports pointent les risques de pénurie, liée en partie à la hausse de la population. Le changement climatique semble avoir aggravé la situation. Mais rien n’a été fait. Le gouvernement de l’ANC et la municipalité, dirigée par l’opposition, se rejettent la responsabilité.

En attendant, il faudra au moins trois ans pour construire des usines de dessalement, qui pourraient offrir une solution à long terme.

Reportage: Valérie Hirsch

Adaptation web: lan

Publié le 12 février 2018 à 11:15 - Modifié le 12 février 2018 à 12:26