Modifié le 19 janvier 2018 à 09:11

Les parents de la "maison de l'horreur" plaident non coupable

Les parents encourent entre 94 ans de réclusion et la perpétuité.
Les parents encourent entre 94 ans de réclusion et la perpétuité. [Gina Ferazzi - Keystone]
Les parents californiens de la "maison de l'horreur" ont plaidé non coupable de tous les chefs d'accusation dont torture et séquestration. Le couple avait été arrêté lundi après l'appel à l'aide de l'un des 13 enfants retenus captifs.

Leur prochaine comparution aura lieu le 23 février. "Ce qui a commencé comme de la négligence s'est achevé par ces maltraitances brutales", a déclaré jeudi Mike Hestrin, procureur du comté de Riverside. Les enfants, âgés de 2 à 29 ans, ont été retrouvés pour certains enchaînés à un lit, dans des conditions d'extrême saleté et de malnutrition sévère.

Le père et la mère, âgés respectivement de 57 et 49 ans, sont visés par douze chefs d'accusation de torture - l'enfant de deux ans n'aurait pas été torturé et était bien nourri -, douze de séquestration, sept de maltraitance d'un adulte à charge et six de maltraitance ou négligence d'enfant.

Faits survenus depuis 2010

Le père est également poursuivi pour acte obscène sur un enfant de moins de 14 ans avec usage de la force, la menace ou la contrainte. Le procureur a précisé qu'il s'agissait de la façon dont le père avait ligoté l'une de ses filles.

Ces chefs d'accusation portent sur des faits présumés survenus depuis 2010. D'autres inculpations pourraient être ajoutées au fil de l'enquête, a précisé le juge. S'ils sont reconnus coupables de tout ce qui a déjà été retenu, les parents encourent entre 94 ans de réclusion et la perpétuité.

Les enfants préparaient leur évasion

La fratrie préparait "depuis plus de deux ans" un plan d'évasion, a indiqué le procureur. A leur arrivée, les agents du bureau du shérif de Perris, ville à environ 110 kilomètres au sud-est de Los Angeles, ont découvert trois enfants enchaînés, avec des cadenas, dans cette maison typique d'une banlieue américaine en apparence extérieure, mais sordide et aux relents irrespirables à l'intérieur.

D'après l'état des locaux, les enfants - dont sept ont plus de 18 ans - "souvent n'étaient pas libérés de leurs chaînes pour pouvoir aller aux toilettes", a indiqué le procureur. Selon lui, ces maltraitances ont "commencé comme une punition", mais "ont empiré avec le temps" lorsque la famille habitait près de Fort Worth, au Texas, et après son arrivée en Californie à Murietta en 2010 puis Perris en 2014. Outre les chaînes cadenassées, les punitions comportaient aussi coups et strangulations.

"Déficiences cognitives"

A une époque, lorsque la famille habitait encore le Texas, parents et enfants vivaient "séparément" et les parents "déposaient de la nourriture". Les enfants étaient "très peu nourris et en fonction d'un planning", n'avaient pas droit à plus d'une douche par an, n'ont jamais vu de dentiste ni de médecin depuis "au moins quatre ans". Plusieurs souffrent de "déficiences cognitives" et de lésions nerveuses dues à la malnutrition.

Un enfant de douze ans pèse comme la moyenne d'un enfant de sept, et l'aînée de 29 ans ne fait que 37 kilos, a ajouté le procureur, précisant que les enfants "sont soulagés" et "sont tous hospitalisés". Il a raconté qu'aucun d'entre eux n'avait accès à des jouets alors que de très nombreux ont été retrouvés dans ce qui a été surnommé comme "la maison de l'horreur", toujours dans leur emballage.

La police avait fait savoir que, d'après les premiers éléments disponibles, il ne semblait pas y avoir eu d'abus sexuel dans la maisonnée. Ce qu'a réitéré M. Hestrin.

afp/jc

Publié le 19 janvier 2018 à 08:09 - Modifié le 19 janvier 2018 à 09:11