Modifié le 10 décembre 2017

Plus de 120 médailles retirées depuis les Jeux de Sydney en 2000

De nombreuses médailles olympiques ont changé de main ces dernières années.
De nombreuses médailles olympiques ont changé de main ces dernières années. [Justin Tallis - AFP]
La Russie, qui vient d'être suspendue des prochains JO d'hiver 2018, affiche le plus grand nombre de médaillés déchus pour dopage. Leur nombre a explosé avec l'arrivée des contrôles rétroactifs.

Champion olympique, gloire éternelle? Pas forcément. Les athlètes qui se dopent tremblent désormais pendant une décennie, période durant laquelle les échantillons de sang et d'urine sont conservés pour de nouvelles analyses.

Instaurée depuis Pékin 2008, cette stratégie vise à combler le retard des contrôles sur les techniques de dopage, toujours plus pointues, et dissuader les sportifs. Et elle semble porter ses fruits. Depuis 2000, un total de 127 médailles ont été retirées, dont une grande partie après l'instauration des dépistages rétroactifs, selon un décompte de la RTS.

Centaines d'analyses rétroactives

Le Comité international olympique a commandé ces dernières années l'analyse rétroactive de centaines d'échantillons prélevés à Pékin 2008 et Londres 2012. Depuis l'été 2016, ces tests ont entraîné la suspension de dizaines d'athlètes. Les deux Olympiades affichent ainsi le plus grand nombre de médailles annulées (voir graphique ci-dessous).

En parallèle, de nombreux Russes ont été déchus après les JO d'hiver de Sotchi en 2014 à la suite des révélations du rapport McLaren. Cette enquête a dévoilé un dopage systématique couvert par les autorités russes et entraîné la suspension de la Russie pour Pyeongchang 2018.

>> Lire: La Russie de Pyeongchang exclue, mais pas ses athlètes "propres"

A l'opposé, Vancouver 2010 et Rio 2016 semblent avoir été relativement épargnés, avec seulement quatre médailles retirées lors des Jeux au Brésil. Toutefois, ces Olympiades n'ont pas forcément été plus propres que les précédentes, puisque des analyses rétroactives pourraient à l'avenir gonfler ces chiffres.

La Russie, pays le plus sanctionné

Jusqu'à maintenant, c'est la Russie qui a perdu le plus de médailles pour dopage. Avec les 11 retraits de Sotchi, son total de médailles annulées depuis les Jeux de Sydney atteint 46, dont 12 en or.

La Russie devance largement la Biélorussie (11 médailles retirées), les Etats-Unis (10), le Kazakhstan (9) et l'Ukraine (9).

Athlétisme et haltérophilie

L'athlétisme et l'haltérophilie restent les disciplines les plus touchées par les scandales de dopage. Elles cumulent près de 70% des retraits depuis 2000, soit 87 des 127 médailles annulées.

En athlétisme, de nombreuses disciplines sont concernées, en particulier le lancer du poids, le lancer du disque et les épreuves de sprint.

Le record de Marion Jones

Enfin, le club très fermé des athlètes qui ont dû rendre au moins trois médailles compte depuis le mois de novembre un nouveau membre. Il s'agit du Russe Maksim Vylegzhanin, qui avait remporté trois médailles d'argent lors des épreuves de ski de fond à Sotchi.

Mais le record de la sprinteuse Marion Jones reste intouchable. L'Américaine avait été déchue de ses 3 médailles d'or et 2 médailles de bronze obtenues à Sydney après ses aveux, sept ans plus tard.

Valentin Tombez

Publié le 10 décembre 2017 - Modifié le 10 décembre 2017