Modifié le 22 novembre 2017

Des intouchables en Inde revendiquent le droit de porter la moustache

Des Dalits revendiquent le droit à la moustache en Inde.
En Inde, la lutte des classes passe par une revendication du "droit à la moustache" Tout un monde / 2 min. / le 22 novembre 2017
Exclus du système de castes en Inde, des intouchables ont lancé ces dernières semaines un mouvement sur les réseaux sociaux pour revendiquer le droit de porter la moustache.

Avec les hashtags #MrDalit et #RightToMoustache, les Dalits - ou intouchables - veulent montrer leur soutien à l'un de leurs jeunes congénères, agressé en septembre par des individus d'une caste supérieure.

Son crime? Avoir arboré une moustache, un attribut d'une grande valeur symbolique en Inde: "C'était un privilège dans certaines castes. La moustache représente la puissance. Même les officiers britanniques, qui étaient en Inde, la portaient pour s'identifier aux élites indiennes", a expliqué mercredi Baviskar Sharad, de l’Université Jawaharlal Nehru à New Dehli, dans l'émission Tout un monde de la RTS.

La moustache comme moyen de dénonciation

Cette tradition de la moustache trouve son origine dans les castes militaires dont sont issus les assaillants du jeune Dalit. En effet, même si depuis 1950 il existe des mesures pour limiter la discrimination des castes, les intouchables demeurent discriminés et les attributs physiques tels que la moustache restent mal vus.

"Le intouchables sont aussi des invisibles", selon Baviskar Sharad. "Et cette invisibilité s'explique en termes de présence économique, sociale et politique." La revendication du droit à la moustache devient ainsi un moyen de dénoncer le système de castes: "Cela a un impact énorme. Jusqu'à récemment, il était impossible de démontrer à quel point toutes ces pratiques sont absurdes et irrationnelles. Maintenant, on se moque un peu de toutes ces pratiques par le biais des médias, internet, WhatsApp, Facebook... c'est un moyen de créer une conscience générale."

Et, d'après Bavisker Sharad, le mouvement pourrait prendre plus d’ampleur ces prochaines semaines.

Clara Sidler/hend

Publié le 22 novembre 2017 - Modifié le 22 novembre 2017