Modifié le 09 novembre 2017 à 18:44

Pas d'accord trouvé entre Etats membres de l'UE sur le glyphosate

Le glyphosate à nouveau sur la table de la Commission européenne jeudi.
Pas d'accord trouvé entre Etats membres de l'UE sur le glyphosate Le 12h30 / 1 min. / le 09 novembre 2017
Les pays de l'Union européenne ne sont pas parvenus à s'accorder sur la prolongation de cinq ans de la licence d'utilisation du glyphosate. Un nouveau vote pourrait avoir lieu en décembre à Bruxelles.

"La nouvelle proposition de réautorisation faite par la Commission européenne, pour une période deux fois plus courte qu'elle ne le souhaitait initialement, n'a pas convaincu les pays les plus réticents, comme la France.

"Pas d'opinion", c'est le résultat du vote organisé jeudi à Bruxelles en l'absence d'une majorité claire, pour ou contre l'autorisation, a expliqué la Commission dans un bref communiqué.

Majorité qualifiée pas atteinte

Une majorité de pays (14) se sont prononcés en faveur de la proposition de la Commission. Mais pour être validée, sa proposition doit recueillir le soutien de 16 des 28 Etats membres, représentant au moins 65% de la population de l'Union européenne.

"Prenant en compte ses obligations légales et le fait que l'autorisation actuelle expire le 15 décembre prochain, la Commission européenne va maintenant soumettre fin novembre la proposition à un comité d'appel", est-il précisé dans le communiqué.

La proposition initiale était de reconduire l'autorisation pour dix ans, après le feu vert donné par l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), mais la Commission avait tenu compte des appréhensions de nombreux pays et l'avait réduite à 5 ans.

Paris vote contre

"Un bon résultat pour notre santé et l'environnement", s'est félicitée la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg sur Twitter. "La Belgique a maintenu sa position et demande un plan de sortie du glyphosate selon une élimination progressive ("phasing out"), et le support de l'UE au développement d'alternatives pour l'agriculture", lui a fait écho le ministre belge de l'agriculture Denis Ducarme.

La France, poids lourd démographique de l'UE, avait annoncé mercredi sa volonté de voter contre. "Paris est sur une position de trois ans", avait précisé le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot. L'Allemagne s'est pour sa part abstenue de voter.

>> Voir les précisions d'Isabelle Ory dans le 12h45:

UE - Glyphosate: les précisions d'Isabelle Ory, à Bruxelles
12h45 - Publié le 09 novembre 2017

ats/ebz

Publié le 09 novembre 2017 à 12:22 - Modifié le 09 novembre 2017 à 18:44

Divergences récurrentes

La réunion précédente du 25 octobre avait montré que les Etats membres restaient en effet très divisés sur le sort de cet herbicide controversé, classé "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS.

Deux avaient défendu une autorisation pour trois ans, un autre une "élimination progressive" dans les cinq ans. Mais "plusieurs" Etats s'étaient prononcés en faveur d'un renouvellement pour 15 ans et avaient ajouté que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de sept ans.

Les adversaires du glyphosate estiment, eux, que le principe de précaution devrait prévaloir. Sont venues s'ajouter à la controverse les accusations d'influence exercée par le géant de l'agrochimie Monsanto sur le contenu des études scientifiques publiées.

Au sein de l'Union européenne, les pesticides à base de glyphosate représentent un marché d'environ un milliard d'euros. La substance active, herbicide le plus utilisé dans l'UE, est plébiscitée par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût.