Modifié le 26 septembre 2017 à 09:37

"Le statu quo en Europe n'est plus possible, même pour l'Allemagne"

Enrico Letta.
L'invité-e de Romain Clivaz L'invité-e de Romain Clivaz / 10 min. / le 26 septembre 2017
"Le résultat des élections allemandes va compliquer" l'élan européen, estime l'ancien président du Conseil italien Enrico Letta. Pour lui, "le statu quo en Europe n'est plus possible, même pour l'Allemagne".

"La première mauvaise nouvelle, c'est que l'Allemagne aura besoin de temps pour créer un gouvernement de coalition", a estimé mardi Enrico Letta dans La Matinale de La Première.

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Mais l'ancien président du Conseil italien, démissionnaire en 2014, et auteur de l'ouvrage "Faire l'Europe dans un monde de brutes" tire aussi un autre constat: "Le statu quo en Europe n'est plus possible, même pour l'Allemagne".

Pour lui, les Allemands "vont comprendre que la montée des populismes n'est pas arrêtée par le statu quo. Il faut d'abord résoudre le manque de croissance et les divergences des pays européens". Il évoque notamment le clivage entre Est et Ouest, une "nouveauté des derniers mois ou années".

Une nouvelle architecture européenne

"La seule ligne possible est celle d'une avancée de la zone euro. L'Europe à plusieurs vitesses est la seule solution", ajoute l'ancien chef de l'Etat italien.

Il souligne l'importance de "réécrire l'architecture de l'Europe après le Brexit" et le fait que "la démocratie en Europe peut se réconcilier avec les citoyens". Il plaide notamment pour une possibilité de vote européen, et non national comme c'est le cas aujourd'hui pour élire le Parlement européen.

"Soit nous les Européens décidons tous ensemble de notre destin, ou alors l'Europe va se détricoter à cause d'un manque de légitimité démocratique", tranche-t-il. 

jvia

Publié le 26 septembre 2017 à 08:49 - Modifié le 26 septembre 2017 à 09:37