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Madrid envoie des renforts de police en Catalogne dans un contexte tendu

Un membre de la Guardia civil espagnole se tient devant des manifestants à Barcelone. [Susana Vera - REUTERS]
Un membre de la Guardia civil espagnole se tient devant des manifestants à Barcelone. [Susana Vera - REUTERS]
A Barcelone, près de 2000 personnes sont descendues dans la rue vendredi pour la 3e journée consécutive. De son côté, le pouvoir central espagnol a annoncé l'envoi de renforts de police en Catalogne.

Agitant des drapeaux indépendantistes et reprenant des slogans comme "Liberté pour les détenus!", la foule s'est rassemblée devant un tribunal de Barcelone où ont comparu six hauts-fonctionnaires arrêtés mercredi.

Ils ont tous les six refusé de témoigner et été mis en liberté provisoire. Ils devront comparaître une fois par semaine devant la justice.

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Le temps de Franco

"Ces arrestations sont des violations des droits de l'Homme. Nous sommes revenus au temps de Franco", s'est indigné un manifestant âgé de 60 ans.

Pendant ce temps, des centaines d'étudiants envahissaient le siège de l'Université de Barcelone, dans le centre-ville.

Parallèlement, les opérations de police se sont poursuivies en Catalogne, même si le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avait estimé dès mercredi que le référendum avait été "désarticulé", après l'arrestation de 14 hauts-fonctionnaires et la saisie de près de dix millions de bulletins de vote.

>> Voir la carte des mouvements séparatistes en Europe (cliquer sur les régions pour obtenir davantage d'informations)

Renforts envoyés par Madrid

Par ailleurs, le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi de renforts de police en Catalogne pour "assurer le maintien de l'ordre" et empêcher la tenue du référendum d'autodétermination le 1er octobre.

A Barcelone, les représentants de l'exécutif régional ont estimé que cette décision était exagérée et qu'elle visait à dramatiser la situation. "Il suffit d'avoir des yeux pour voir qu'il n'y a pas de violence", a réagi le porte-parole de la Generalitat, le pouvoir catalan.

agences/rens

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Des eurodéputés dénoncent un "état de siège"

Une cinquantaine de parlementaires européens, majoritairement d'extrême gauche et écologistes, ont dénoncé vendredi l'"état de siège" imposé selon eux à la Catalogne après les arrestations de hauts fonctionnaires indépendantistes, dans une lettre au Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Cet "état de siège non déclaré va à l'encontre des traités de l'UE et de la charte des droits fondamentaux de l'UE", ont-ils précisé. "Ces actions sont inacceptables et nous vous demandons de faire immédiatement marche arrière", ajoutent-ils dans leur courrier.