Modifié le 12 septembre 2017 à 06:42

Un rapport pointe les abus subis par les jeunes qui migrent vers l'Europe

De jeunes migrants arrivés dans un centre d'accueil en France.
De jeunes migrants arrivés dans un centre d'accueil en Europe. [Guillaume Horcajuelo - EPA/Keystone]
Plus de trois quarts des enfants et jeunes adultes tentant de migrer vers l'Europe par la Méditerranée centrale sont victimes d'abus lors de leur dangereux périple, s'alarment deux agences de l'ONU.

L'Unicef, spécialisé dans les droits de l'enfant, et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) s'inquiètent en particulier du sort des migrants originaires d'Afrique subsaharienne, dans ce rapport publié mardi, basé sur les témoignages "de quelque 22'000 migrants et réfugiés, incluant environ 11'000 enfants et jeunes".

Selon les deux agences, 77% des enfants et jeunes migrants essayant de rejoindre l'Europe par la Méditerranée centrale font état d'expériences directes d'abus, d'exploitation et de pratiques assimilables à du trafic d'êtres humains.

Le rôle du racisme

Ceux qui sont originaires d'Afrique subsaharienne "sont beaucoup plus susceptibles de subir de l'exploitation et du trafic que ceux venant d'autres parties du monde", souligne le document.

"Le racisme est probablement un facteur sous-jacent" des différences constatées selon l'origine des migrants, estiment l'Unicef et l'OIM dans leur communiqué commun.

afp/br

Publié le 12 septembre 2017 à 05:30 - Modifié le 12 septembre 2017 à 06:42

Appel à toutes les parties prenantes

Les jeunes migrants payent en moyenne leur voyage "entre 1000 et 5000 dollars et arrivent souvent en Europe endettés, ce qui les exposent à de nouveaux risques", précise le rapport des agences onusiennes.

L'Unicef et l'OIM appellent "toutes les parties prenantes", aussi bien les pays d'origine que ceux de transit et de destination, à prendre des mesures spécifiques pour protéger ces migrants particulièrement vulnérables. Les agences demandent notamment d'établir "des voies sûres et régulières" pour les enfants, de "trouver des alternatives à la détention" pour les enfants migrants et "de combattre la xénophobie, le racisme et les discriminations à l'encontre de tous les migrants et réfugiés".