Modifié le 04 septembre 2017

Une solution militaire en Corée du Nord serait "suicidaire"

L'invité-e d'actualité (vidéo) - Gabriel Galice, directeur du GIPRI
L'invité-e d'actualité (vidéo) - Gabriel Galice, directeur du GIPRI La Matinale / 6 min. / le 04 septembre 2017
Après l'essai nucléaire annoncé dimanche par la Corée du Nord, Gabriel Galice, président de l'Institut international de recherches pour la Paix à Genève, estime qu'une solution militaire serait "suicidaire".

Alors que la Maison Blanche a publié dans la nuit de dimanche à lundi un communiqué qui n'exclut pas le recours à l'arme nucléaire contre la Corée du Nord, Gabriel Galice indique lundi dans la Matinale de la RTS que le principe de la dissuasion nucléaire, tel qu'il existait au moment de la Guerre Froide, ne fonctionne plus de la même façon actuellement.

En effet, une sorte de "démocratisation de l'arme nucléaire" a eu lieu, causant une prolifération de ce type d'armes et un changement de paradigme. De plus, le chercheur rappelle que les conditions de l'accord-cadre qui existait entre la Corée du Nord et les Etats-Unis depuis 1994 ont été en premier transgressés par ces derniers, causant une dégradation continue de la situation nord-coréenne.

Un programme nucléaire comme "assurance-vie"

"Ensuite, la Corée du Nord a considéré que la seule assurance-vie qu'elle avait, c'était le développement de son arme nucléaire, parce qu'elle a vu qu'elle était avec l'Iran et l'Irak sur l'Axe du Mal." Et Gabriel Galice poursuit en indiquant que la Corée du Nord ne se livre pas à de la provocation, mais à un comportement "rationnel".

>> Voir un extrait de l'interview de Gabriel Galice dans la Matinale

 

Le président de l'Institut international de recherches pour la Paix souligne aussi le rôle essentiel de la Chine, en quelque sorte le "parrain de la Corée du Nord", qui subirait des dommages collatéraux très importants en cas de frappe américaine, et "ne laisserait pas faire n'importe quoi".

Au final, pour Gabriel Galice, s'engager dans une solution militaire serait une "solution suicidaire", dont il serait impossible de contrôler les tenants et aboutissants.

>> Ecouter aussi les explications techniques du nouvel essai nord-coréen:

Sous l'égide du dictateur Kim Jong-Un, la Corée du Nord a à nouveau procédé à des tirs de missiles balistiques.
Forum - Publié le 03 septembre 2017
 

ebz

Publié le 04 septembre 2017 - Modifié le 04 septembre 2017

Ne pas confondre Etat et chef de l'Etat

Gabriel Galice rappelle aussi qu'il ne faut pas réduire la politique internationale d'un pays comme les Etats-Unis ou la Corée du Nord aux propos, au comportement ou à la psychologie, réelle ou supposée, des chefs d'Etat, et par conséquent ne pas imaginer que l'escalade autour de la Corée du Nord puisse se résumer à une lutte entre Donald Trump et Kim Jong-Un.

Le chercheur souligne la place prise par les Etats et leur administration, déjà en place au moment de l'arrivée de Kim Jong-Un ou de Donald Trump au pouvoir.

Une possibilité de sortie de crise?

Gabriel Galice esquisse une piste qui permettrait une sortie de crise autour de la péninsule coréenne. Alors que les sanctions contre le pays sont "plus symboliques qu'autre chose", le chercheur indique que la négociation doit comprendre une "approche globale du dossier", avec un "retour aux termes de l'accord-cadre de 1994 qui permettrait à la Corée du Nord de se développer".