Modifié le 06 juillet 2017

Sur 577 députés français, seuls 150 étaient là pour voter l'état d'urgence

L'absentéisme à l'Assemblée nationale est souvent pointé du doigt (image d'illustration).
L'absentéisme à l'Assemblée nationale est souvent pointé du doigt (image d'illustration). [Martin Bureau - afp]
Les députés français ont voté jeudi la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre. Mais plus que le résultat, qui était attendu, c'est le nombre de parlementaires qui étaient présents qui fait débat: 150 votants sur 577 députés élus.

Selon le compte-rendu du vote publié par l'Assemblée nationale, 137 députés ont adopté la prolongation de l'état d'urgence et 13 ont voté contre.

A noter aussi, toujours d'après ce procès-verbal, qu'une trentaine de députés ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter, mais que leur vote n'a pas été enregistré.

Un député LREM sur trois

Largement relevé sur les réseaux sociaux, l'absentéisme des députés à peine nommés fait déjà débat. Il faut dire que sur 314 membres de la République en Marche d'Emmanuel Macron, seuls 93 ont pris part au vote. Et ce n'est guère mieux chez les Républicains avec 19 députés votants sur 100, au Modem avec 8 sur 47, chez les députés constructifs (droite) avec 6 sur 35 et dans le groupe de gauche avec 6 sur 31.

Seuls les députés de la France insoumise étaient proportionnellement plus nombreux: 11 sur 17, qui se sont tous opposés à la prolongation.

"Nous ne venons pas d'élire 577 députés?"

Ce manque d'implication a vite soulevé les critiques:

 

 

boi

Publié le 06 juillet 2017 - Modifié le 06 juillet 2017

L'état d'urgence prolongé

Avec ce vote à l'Assemblée nationale, le Parlement français adopte définitivement la prolongation de l'état d'urgence, puisque le Sénat avait déjà adopté le texte mardi par 312 voix contre 22.

Le 15 décembre dernier, le Parlement avait prolongé pour la cinquième fois l'état d'urgence pour une durée de sept mois. Celui-ci avait été instauré la première fois au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.

L'état d'urgence permet notamment, sans feu vert initial d'un juge, des assignations à résidence, perquisitions, interdictions de cortèges, contrôles d'identité et fouilles de bagages et de véhicules, et des fermetures de lieux de réunion.

Avant le vote, le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb avait demandé aux députés de "soutenir massivement" une sixième et dernière prolongation de l'état d'urgence post-attentats, rejetant les critiques sur ce régime controversé qui permet, selon lui, de "préserver" les "libertés".