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L'Europe préoccupée face au résultat des législatives britanniques

Quelles conséquences les résultats des législatives britanniques auront-ils sur le Brexit? [Daniel Leal-Olivas  - AFP]
Les élections britanniques suivies avec attention à Bruxelles / Le 12h30 / 1 min. / le 9 juin 2017
Les Européens ont réagi vendredi au revers électoral des conservateurs au Royaume-Uni. Ils ont montré leur hâte que commencent enfin les négociations sur le Brexit et leur inquiétude que celles-ci se déroulent moins bien.

Certains élus et responsables européens craignaient un retard voire un échec des négociations. L'Union européenne (UE) espérait débuter formellement ces discussions dès le 19 juin, mais l'échec de Theresa May dans ces élections plonge Londres et Bruxelles dans l'incertitude.

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a affirmé qu'il "espère que nous ne serons pas confrontés à un retard supplémentaire dans la conclusion de ces négociations (...) Nous pouvons ouvrir ces négociations demain à 09h30".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a mis en garde contre une absence d'accord. "Nous ne savons pas quand les discussions sur le Brexit commenceront. Nous savons quand elles doivent s'achever. Faites le maximum pour éviter un 'no deal' (une absence d'accord)", a-t-il tweeté.

Quand Londres sera prêt

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a laissé entendre que l'UE était prête à laisser un peu de temps à Londres avant d'ouvrir les discussions. "Les négociations sur le Brexit devraient débuter quand le Royaume-Uni sera prêt; le calendrier et les positions de l'UE sont clairs. Unissons nos efforts pour conclure un accord", a-t-il tweeté dans la matinée.

"Un nouveau but contre son camp - après Cameron, maintenant May - va rendre encore plus complexe des négociations déjà complexes", s'est désolé son homologue au Parlement européen, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, référent pour les négociations du Brexit.

Pour le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, l'UE a besoin d'un gouvernement britannique "capable d'agir, qui peut négocier la sortie de la Grande-Bretagne". "Les Britanniques doivent négocier la sortie (de l'UE) mais avec un partenaire de négociations faible, il y a un danger que les négociations soient mauvaises pour les deux parties", a-t-il dit à la radio allemande Deutschlandfunk.

Un désaveu, selon Berlin

En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a estimé que le résultat britannique était un désaveu pour la position de Theresa May sur un Brexit "dur". "Je trouve que le message de cette élection est 'menez des négociations équitables et réfléchissez si c'est vraiment bon pour la Grande-Bretagne de sortir de cette manière là de l'Union européenne'".

En France, le Premier ministre Edouard Philippe a admis "une forme de surprise", mais qui ne remet pas "en cause" la position des Britanniques sur le Brexit. "De toute façon, ce seront des discussions qui seront longues et qui seront complexes".

De son côté, le Premier ministre grec Alexis Tsipras en a profité pour plaider la cause de la gauche européenne: "Résultat exceptionnel de l'ami Jeremy Corbyn. La gauche qui ose peut inspirer et mobiliser les peuples".

ats/tmun

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Un Brexit fin mars 2019 au plus tard

Le Royaume-Uni est supposé quitter l'Union européenne fin mars 2019, soit deux ans après le lancement officiel de la procédure de sortie par Theresa May, le 29 mars de cette année.

Mais le temps tourne et les pourparlers entre l'UE et Londres n'ont toujours pas commencé sur le fond, un an après le référendum de juin 2016 sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.