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Des élections législatives à fort enjeu pour l'avenir des partis français

L'Assemblée nationale sortira profondément modifiée des élections législatives des 11 et 18 juin en France. [AFP - JEAN-FRANCOIS MONIER]
L'Assemblée nationale sortira profondément modifiée des élections législatives des 11 et 18 juin en France. - [AFP - JEAN-FRANCOIS MONIER]
Un mois après l'élection d'Emmanuel Macron, les Français retournent aux urnes dimanche pour élire les 577 députés qui siégeront à l'Assemblée nationale. Des élections cruciales dans un contexte de chamboulement politique.

- Une recomposition profonde de l'Assemblée attendue

Quels que soient les résultats des législatives, on peut d'ores et déjà dire que l'Assemblée nationale en sortira profondément modifiée. D'une part, parce que plus de 200 députés sortants sur 577 ne se représentent pas -une conséquence, notamment, d'une nouvelle loi sur le cumul des mandats.

D'autre part, et surtout, parce qu'une recomposition profonde des forces politiques s’est enclenchée lors de la présidentielle, avec quatre candidats sortis à quasi-égalité, l'élimination des deux partis de gouvernement traditionnels, la montée du Front national... Ces législatives vont définir les équilibres politiques du début de quinquennat.

- Un scrutin décisif pour le président Macron

L’enjeu est majeur pour un Emmanuel Macron à peine installé à l'Elysée. Il s'agit de construire au Parlement une majorité la plus solide possible, afin d'éviter une cohabitation et avoir les coudées franches pour appliquer son programme, à commencer par la réforme du Code du Travail.

>> Lire : Le gouvernement français présente sa réforme du Code du travail

Les candidats de La République en marche (LREM), pour beaucoup issus de la société civile et novices en politique, auront la difficile mission d'affronter des élus sortants déjà très implantés localement.

Mais depuis l’instauration du quinquennat et des législatives organisées dans la foulée de la présidentielle, les électeurs ont toujours donné une majorité absolue au nouveau président élu. Et à en croire les derniers sondages très favorables au mouvement présidentiel (voir encadré), ce scénario semble parti pour se reproduire.

Les Français de l'étranger, qui ont voté pour le premier tour avec une semaine d'avance, ont placé les candidats LREM en tête dans 10 circonscriptions sur 11.

>> Lire : Victoire des pro-Macron au 1er tour des législatives françaises à l'étranger

- Une droite et une gauche traditionnelles plombées par leurs divisions

Les sondages n'incitent guère les deux partis traditionnels de gouvernement à l'optimisme. Les Républicains (LR) espèrent sauver un maximum de sièges mais, ces derniers jours, le leader de la campagne LR pour les législatives François Baroin a semblé avoir abandonné l'objectif d'une "cohabitation", à laquelle il préfère désormais l'expression "partage de responsabilités".

A gauche, après le tout petit score de Benoît Hamon à la présidentielle, c'est un Parti socialiste (PS) plus affaibli et divisé que jamais qui espère limiter l'ampleur de la débâcle qui lui est prédite. Dans l'Assemblée sortante, le groupe parlementaire socialiste comptait 295 députés. Or, selon les dernière études d'opinion, l'alliance entre le PS, les Verts et les radicaux de gauche n'obtiendrait qu'entre 20 et 30 députés cette année.

La montée en puissance fulgurante du mouvement LREM a creusé les fractures qui traversaient déjà les deux partis. Chez les Républicains comme chez les socialistes, une frange plutôt centriste souhaite collaborer avec le gouvernement d'Edouard Philippe, tandis que les tenants d'une ligne plus radicale préféreraient reconstituer leurs forces dans l'opposition.

- Les Insoumis et le FN veulent asseoir leur statut de forces d'opposition

Le PS est concurrencé sur sa gauche par La France insoumise (LFI), qui s'autoproclame "seule force d'opposition" au "gouvernement du patronat" d'Edouard Philippe. L'inconnue est de savoir si le parti parviendra à traduire en sièges à l'Assemblée le bon score (19,6%) réalisé par son leader Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle.

Cette élection était en effet très centrée sur la personnalité du tribun, et rien ne dit que les candidats LFI aux législatives pourront faire le poids. Le fait que La France insoumise soit en guerre ouverte avec le reste de la gauche constitue un autre obstacle pour le mouvement. La constitution d'un groupe d'une quinzaine de députés constituerait déjà une bonne réussite pour lui.

Depuis son accession au second tour de la présidentielle, le Front national revendique lui aussi le statut de première force de "véritable" opposition à Emmanuel Macron. Mais, déçu par le résultat de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et également très divisé, le FN a renoncé à se fixer un objectif en nombre de sièges.

Ses dirigeants espèrent au moins pouvoir constituer un groupe, ce qui requiert 15 députés au minimum, mais redoutent de ne pas y parvenir. D'autant que le mode de scrutin des législatives (scrutin majoritaire à deux tours) est un obstacle traditionnellement difficile à surmonter pour ce parti.

>> Lire aussi : Les face-à-face clés des élections législatives françaises

Pauline Turuban avec agences

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Majorité absolue pour le parti d'Emmanuel Macron, selon les sondages

Les candidats LREM obtiendraient une majorité absolue à l'Assemblée nationale lors des législatives avec un nombre de sièges variant entre 397 et 427, selon un sondage Ipsos Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France publié vendredi.

Ils devanceraient ainsi l'alliance Les Républicains/UDI qui obtiendrait entre 95 et 115 sièges, ainsi que le Parti socialiste et ses alliés, crédités de 22 à 32 sièges, la France Insoumise, créditée de 11 à 21 sièges et le Front national, qui obtiendrait de 5 à 15 sièges.

Le sondage a été réalisé en ligne entre le 7 et le 8 juin auprès de 1995 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. (Reuters)

Modalités du scrutin

Le premier tour des élections législatives françaises aura lieu le 11 juin et le second tour une semaine plus tard, le dimanche 18 juin. Les électeurs français doivent élire au scrutin majoritaire à deux tours 539 députés en France métropolitaine, 27 dans les départements et territoires d'outre-mer et 11 représentants des Français de l'étranger.

Au premier tour, un candidat doit, pour être élu, recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins 25% des électeurs inscrits. Si aucun candidat n'est élu, un second tour a lieu, qui verra s'affronter les candidats ayant obtenu un nombre de suffrages égal à au moins 12,5% des électeurs inscrits. Celui qui obtient le plus de suffrages exprimés est élu, même s'il ne s'agit pas de la majorité absolue. En cas d'égalité, le candidat le plus âgé est élu.